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Innovation et environnement #Biocarburant - #Bioéthanol - #consommation - #E85 - #SP95 - #SP95-E10 - #SP98 - #super éthanol

Le bioéthanol : un Bio carburant

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Le 06 Mars 2019

Efficace pour réduire les émissions et la consommation, mais sous conditions

 

Un biocarburant est un carburant produit à partir de matériaux organiques non fossiles, provenant de la biomasse. Il peut être utilisé dans un véhicule en complément ou en substitution d’un carburant fossile essence, gaz ou diesel.

L’utilisation des biocarburants, en mélange avec les carburants traditionnels dans le secteur des transports, a pour but de répondre à cinq enjeux essentiels :

·         Réduire les émissions de gaz à effet de serre

·         Anticiper l’épuisement des réserves mondiales de pétrole

·         Réduire la dépendance énergétique pétrolière

·         Offrir un débouché supplémentaire aux filières agricoles

·         Créer une filière de valorisation des déchets

 

En France, il s’agit principalement du bioéthanol et de son dérivé (l’ETBE[1]) pour les véhicules essence et du biodiesel (EMAG[2] issu d’huiles végétales ou de graisse animale) pour les véhicules diesel.

Les biocarburants dans leur ensemble permettent une réduction des émissions de CO2 du puits à la roue de l’ordre de 6% sur l’E10 (essence contenant en volume 10% d’éthanol ou 22% d’ETBE), et jusqu’à 18% sur le B30 (gazole contenant en volume 30% d’EMAG).

 

Qu’est-ce que le bioéthanol ?

Le bioéthanol est un biocarburant produit, en France et en Europe, à partir de matières premières végétales de céréales (blé, maïs…) ou de betteraves à sucre, et destiné aux moteurs essence.

C’est une énergie majoritairement renouvelable qui permet de limiter la consommation en énergie fossile et de diminuer les émissions nettes de gaz à effet de serre.

L’objectif français est d’incorporer 10 % de bioéthanol (en énergie) à la consommation de carburant en 2020 pour le transement, ce qui correspond à moins de 3% des surfaces françaises cultivées en betteraves et en céréales et moins de 1% de la Surface Agricole Utport uniquile totale française.

Le bioéthanol est actuellement présent dans beaucoup de carburants essence, distribués en France et dans d’autres pays européens (Allemagne, Suède, Finlande, Belgique) :

A hauteur de 5 % en volume maxi dans le SP95 et le SP98 – utilisable par tous les véhicules essence.
Jusqu’à 10 % en volume dans le SP95-E10
Le SP95-E10 est un nouveau carburant sans plomb pouvant contenir jusqu’à 10%v de bioéthanol en incorporation directe. Ce carburant est disponible dans les stations essence en depuis le 1er avril 2009 et se développe progressivement sur l’ensemble de l’hexagone. Le SP95-E10 a l’avantage de produire moins de CO2 que l’essence ordinaire car il contient 10%v d’énergie renouvelable. La majorité des véhicules mis en circulation après l’an 2000 (sauf exceptions), ainsi que de nombreux véhicules d’avant 2000, peuvent utiliser le SP95-E10.

Entre 65% et 85 % en volume dans le Super-éthanol E85 (véhicules « flexibles »)
L’E85 est un carburant composé en volume de 65% à 85% de bioéthanol en incorporation directe, et d’essence SP 95. Reconnu comme carburant au Journal Officiel du 1er juin 2006, l’E85 est commercialisé depuis le 1er janvier 2007.

 

Le super éthanol, Oui mais sous conditions

Rouler au Super-éthanol E85 avec un véhicule qui n’est pas conçu à l’origine pour fonctionner avec ce carburant n’est pas sans risque. Pour pouvoir utiliser le Super-éthanol E85, il est nécessaire de concevoir le véhicule en version dite « FlexFuel ».

Certaines sociétés à travers l’Europe proposent des appareils (ou des kits) en après-vente, qui convertissent les véhicules classiques à moteur à essence en véhicules Flexfuel. Ces appareils (kits) électroniques contrôlent les unités de commande et sont prétendus recalibrer le moteur pour qu’ils fonctionnent au super-éthanol E85 (« boîte noire E85 »).

Or, un véhicule essence classique, n’est pas conçu pour fonctionner avec un pourcentage d’éthanol aussi élevé.

Quels sont les risques d’adaptation de ces boitiers E85 ?

Pour les consommateurs, il peut sembler tentant d’installer un simple appareil E85 en après-vente, afin de réduire le coût d’utilisation du véhicule et bénéficier d’un carburant moins cher à la pompe.

Cependant, la vente et l’installation de ces appareils présente plusieurs risques en termes de fiabilité moteur et de corrosion, ainsi qu’en termes de traitement des émissions de polluants.

Les modifications de conception sont assez importantes par rapport aux véhicules classiques à moteur essence. Par exemple, des composants tels que culasses, pistons, injecteurs de carburant et capteurs d’oxygène tous exposés au carburant (ou combustible brûlé) auront besoin d’une meilleure résistance à la corrosion et à la compatibilité des matériaux.

 

Le montage d’un boîtier éthanol ou kit E85 pourrait entrainer de sérieux problèmes de fonctionnement du véhicule :

·         Risques d’usure ou de casse moteur :

o   Compatibilité matériaux : risque de fuite de carburant et donc d’incendie

o   Usure prématurée des sièges de soupapes et du système d’injection

o   Mauvais démarrage à froid qui nécessiterait la mise en place d’injecteurs chauffants pour assurer un bon démarrage en période froide.

o   Casse moteur pour inadaptation de l’indice thermique de la bougie

o   Lubrifiants non compatibles avec un fort taux d’éthanol (E85)

 

·         Risques d’émissions de polluants non maitrisées :

o   Possible dysfonctionnement de la fonction canister avec un risque d’émissions par évaporation.

o   Allumage intempestif du voyant sur le tableau de bord nécessitant un passage en diagnostic

o   Risques d’émissions polluantes sur un véhicule équipé d’un boitier E85, Le système de dépollution n’ayant pas été conçu pour fonctionner avec un pourcentage élevé d’éthanol.

 

Dans tous les cas, la garantie constructeur ne pourra pas être maintenue pour les véhicules équipés d’un tel dispositif en post-équipement.

[1] ETB, éthyl tertio butyl éther, est un produit de synthèse chimique entre le bioéthanol (à 47% en volume) et l’isobutène (à 53% en volume).
[2] Les esters méthyliques d’acides gras (EMAG) sont des produits obtenus à partir d’huiles issues de plantes oléagineuses (colza, tournesol…), de graisses animales ou d’huiles végétales alimentaires usagées. Les EMAG sont utilisés en mélange dans le gazole commercial de manière banalisée à hauteur maximale de 8% en volume