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Les belles lectures de l’Oncle Philippe

#Denis Boussard - #éditions E-T-A-I - #Les belles lectures de l’Oncle Philippe - #Philippe Colombet - #Rallye - #Robert Puyal - #Tour Auto

«Tour Auto» 2019, le livre

Les souvenirs, les images et l’émotion

Les éditions E-T-A-I publient, pour la quatrième année consécutive, un ouvrage consacré au «Tour Auto», le plus grand rallye historique français. Cap sur la 28e édition.

 

Par Philippe Colombet

Photos : Denis Boussard

 

Le Tour Auto Optic 2000, unique dans son principe, marie des courses sur circuit, des «Spéciales» de rallye et de longues liaisons à travers la France. Chaque année, un nouvel itinéraire et, parmi les concurrents, de nombreux modèles mis en vedette. L’édition 2019 reliait Paris à Deauville, via le superbe château privé de Vaux-le-Vicomte, comme Dijon, Lyon, Vichy et Tours, finalement la plus longue des balades entre la capitale et la Normandie. Il emmenait 240 concurrents dont des stars comme Alain Prost, Bruno Senna ou encore Bruno Solo. Le thème de cette année, les marques anglaises disparues, une belle et originale idée de Patrick Peter, l’organisateur. Avec un récit très poétique accompagné de témoignages, ce livre album formidablement illustré avec une maquette très inspirée est absolument incontournable pour les passionnés. Disons le sans chichi, c’est l’un des plus beaux livres de l’année, peut être le plus beau. Des jurys de lecteurs, qui ne tarderont pas à se réunir, en décideront bientôt !

Pages 80 et 81, à Paris, nous sommes sous la célèbre verrière du Grand Palais, le rendez-vous «People». Peut être un peu trop d’ailleurs, vivement que l’on prenne la route.

Deux auteurs particulièrement inspirés

Originaire du Mans, Denis Boussard a fréquenté le célèbre circuit automobile dès son plus jeune âge. Là est née sa passion pour l’univers mécanique mais aussi son respect admiratif pour les femmes et les hommes qui s’y risquent. Photographe dans l’âme, il travaille aussi bien pour les magazines que pour des campagnes publicitaires. Ce livre «Tour Auto 2019» est son douzième ouvrage. Professeur de français, notre talentueux confrère Robert Puyal est quant à lui entré dans les ordres journalistiques pour se rapprocher des voitures anciennes comme des voitures modernes, de route comme de course. Longtemps essayeur chez le mensuel «Sport Auto», il est aujourd’hui journaliste indépendant et partage ses collaborations entre les essais, les chroniques et les biographies de pilotes pour les magazines «Sport Auto», «L’Auto – Journal», «Rétroviseur», «Top Gear», «VSD», ou encore «Le Point», de superbes références, pour le moins !

À travers la campagne, sur de petites routes, à la rencontre des passionnés venus au rendez-vous, certains pilotes n’amusent pas le terrain, voici le «Tour Auto», page 138.

Fiche technique

 

Titre : «Tour Auto 2019»

Auteurs : Denis Boussard & Robert Puyal

Nombre de pages : 288

Nombre de photos : 600

Format : 242 x 304 mm

ISBN : 979 10 283 0391

Prix public : 69,00 euros TTC

Éditions E-T-A-I

Parc II

10, place du Général de Gaulle

92160 Antony

www.editions-etai.fr

 

L’amitié, toutes les catégories de voitures historiques se retrouvent, c’est bien cela l’esprit «Tour Auto», page 202.

Pourquoi nous aimons : texte expert, rédaction agréable, grand format et photographies absolument superbes.

Nous aimons moins : pas assez d’anecdotes croustillantes.

Note: trois étoiles sur trois étoiles.

 

Probablement l’un des plus beaux livres de l’année !

 

Questions – Réponses «Sans concessions» avec Robert Puyal

Autour du livre «Tour Auto 2019»

Robert Puyal, auteur de ce livre annuel qui commémore le «Tour Auto Optic 2000», a couru l’épreuve plusieurs fois, sur Matra Djet, BMW 1800, Ford Mustang et même sur une Citroën 2 CV (Photographie © Cathy Dubuisson).

Derrière ce livre, il y a un auteur, un expert que nous connaissons bien et apprécions. Retrouvons-le…

 

Robert, pour commencer, parle-nous un peu de toi, de ton parcours, en résumé bien entendu car nous le savons riche, celui d’un prof de français venu au journalisme ?

La passion des autos me travaille depuis toujours, tandis que l’enseignement, ça relevait plutôt de l’accident, après la fac de lettres pour le plaisir et les concours par goût du sport. Un bien beau métier, prof, mais très difficile et inconfortable, où je n’avais pas l’impression d’exceller. En plus, ça ne paye pas de quoi s’offrir les voitures dont je rêvais, même si en la matière j’ai des goûts plus bizarres que dispendieux. J’ai vu de la lumière du côté du journalisme auto ; pas très lucratif non plus mais au moins, je passais de l’autre côté des barrières, aussi bien dans les salons que sur les circuits, et j’ai décidé de laisser les pauvres élèves tranquilles.

 

Avec le quatrième opus de ce livre sur le «Tour Auto», doit on conclure que si le plus grand rallye historique français est déjà un succès sur le bord des routes il l’est aussi en librairie, donne-nous quelques chiffres ?

Le quatrième opus annuel en librairie, aux éditions ETAI, qui ont décidé de le rendre accessible au public. Mais depuis bien plus longtemps, avec le photographe Denis Boussard, nous chroniquons l’épreuve chaque année, pour les concurrents qui reçoivent en volume un récapitulatif de leurs aventures. Et de mon côté, j’ai commencé avant Denis, en 2004 ou 2005, sur des dessins d’Alain Bouldouyre. Je serais curieux de savoir si quelqu’un a toute la collection !

 

Ton texte est jugé très poétique par tous, félicitations, mais ce «Tour Auto» tu préfères le vivre comme concurrent ou comme journaliste ? Ou les deux simultanément ?

J’ai eu la chance de courir le Tour Auto plusieurs fois, de le suivre plus souvent encore comme journaliste et aussi pendant plusieurs années en tant qu’ouvreur, si on peut appeler ça « suivre » quand on passe avant tout le monde, avec réveil à 5 heures du mat’. Le «Tour», c’est toujours très, très sympa, parce que long et copieux. Cinq journées, toujours cinq terrains très différents. Les organisateurs ont le génie de trouver des routes qui méritent vraiment le passage. Et l’ensemble des concurrents compose un beau spectacle pour chacun des autres.

 

S’il ne fallait retenir qu’une de toutes ces étapes, la plus représentative, laquelle serait-elle ?

Cette année, Dijon – Lyon par la vallée de l’Ouche, avec passage à Magny – Cours. Le Tour Auto avance sur trois pieds. Enfin, plutôt sur quatre roues, bien sûr, mais ce que je veux dire, c’est qu’il y a d’une part les spéciales à parcours secret, deuxièmement les courses sur circuit en peloton, et enfin les liaisons, à vitesse forcément limitée mais sur lesquelles il ne s’agit pas de perdre de temps. En plus de la pointe de vitesse, il faut donc aussi faire preuve d’endurance et de sens de l’organisation. Une belle étape, ce sont de beaux paysages, entrecoupés de belles spéciales surprenantes, c’est-à-dire sélectives, avec au beau milieu un passage sur un circuit bien fort en saveur.

 

Que dire, aussi, des coulisses, de ce que l’on écrit peut être pas dans un livre, tant j’ai eu l’écho de soirées mémorables lors de ce «Tour Auto» ?

En une semaine, chaque équipage noue une complicité avec ceux qui le suivent et qui le précèdent directement. On déjeune au fur et à mesure des ordres d’arrivée, donc c’est encore une occasion d’échanger. Et le soir, autour de la grande table commune (6 ou 700 personnes, quand même !) on refait la course, ce qui ne va pas sans éclats de rire, ni sans prises de bec, parfois très sérieuses avec des fâcheries pour plusieurs saisons ! Ce sont des pilotes, donc chacun, par nature, se croit très rapide. En spéciale, le chrono tranche et c’est tout. Mais en circuit, un mauvais geste, ou peut-être une fausse manœuvre, sont souvent interprétés tout à fait de travers. Côté fête, on n’a tout de même pas le temps de faire de grandes folies parce que les journées sont longues, et donc les nuits courtes…

 

Allez, tranchons, osons, quel est le concurrent qui t’a le plus fasciné cette année ?

Houlà ! C’est tellement varié ! Depuis le gars (ou la fille) qui vient là pour rouler enfin en liberté au volant de sa belle machine et ne regarde même pas le classement, jusqu’à celui qui passe un an à peaufiner ses performances dans l’espoir de dominer ses adversaires… Contrairement au sport moderne, on s’affronte chaque année avec les mêmes armes que l’année précédente, et Peter Auto veille à contenir le niveau de préparation. Donc c’est toujours serré et les incidents de course ou les pannes font la différence entre les favoris, qui sont toujours les Ford GT40, les Jaguar Type E très affûtées, les Cobra 289. De gros monstres que viennent régulièrement déranger les Lotus Elan, deux crans moins puissantes mais trois crans plus légères. Ma préférence va aux gens qui osent aligner des voitures rares ou même uniques, que sans eux l’on ne verrait que dans les musées. Dans le genre, chapeau à Mr John of B. Sous ce pseudonyme rigolo, un fameux passionné qui prépare et pilote une Ligier JS2 Cosworth.

 

Comment prépares-tu un tel ouvrage avec ton confrère Denis Boussard, le photographe de ce livre ?

Beaucoup de concertation, beaucoup de préparation en amont. Denis est le vrai maître d’œuvre mais il me demande toujours longuement mon avis et il s’intéresse beaucoup au texte. Nous sommes très liés.

 

Robert, quels sont les sujets rédactionnels particuliers que tu prépares actuellement et dont tu peux nous parler ?

En termes d’édition, ce ne sont pas les projets qui manquent, c’est juste un peu tôt pour les détailler. Le gros de mon travail reste le journalisme mais il se passe des choses curieuses avec la presse en ce moment, auxquelles la presse ferait bien de s’intéresser ! Les journaux sont repris par des entrepreneurs, très pragmatiques mais pas forcément très imaginatifs, qui n’ont pas rêvé comme nous sur ce que peut signifier un journal pour un lecteur chaque semaine ou chaque mois. Pas question de leur reprocher de faire attention à leurs sous, ce sont les leurs, mais ils commettent de gros contresens, y compris en termes de gestion, et risquent de briser le charme à force de ne rien y comprendre. Avis aux lecteurs, qui doivent se montrer plus exigeants que jamais et le faire savoir !

Propos recueillis par Philippe Colombet

Nous en reparlerons

 

Un guide de voyages pour les collectionneurs de voitures

L’auteur de ce guide sillonne les routes depuis plus de trente ans en voiture de collection. Il s’est rendu compte, au cours de ses voyages, que nombres de collectionneurs sont aussi hôteliers, propriétaires de chambre d’hôtes et restaurateurs. En réunissant 290 adresses d’étapes, qui sont pour la plupart celles de collectionneurs habitués des contraintes des «Anciennes», mais aussi 188 itinéraires, soit 34 000 kilomètres, il prend aussi en compte les passagers en labélisant certaines adresses «Passagères chouchoutées». Elles trouveront à l’arrivée un soin, un spa, un moment de détente pendant que ces messieurs racontent leurs aventures automobiles, à moins que ce soit l’inverse (29 euros).

www.lveditions.com

 

Monsieur Honda, le livre !

Honda, un nom qui symbolise la puissance d’une marque qui a gagné des championnats du monde en sports mécaniques, en moto ou en Formule 1. C’est aussi le premier constructeur mondial de deux roues et le huitième d’automobiles. Honda c’est également l’aviation, avec le jet HA-420. Honda, c’est avant tout un homme, celui qui fonde sa propre compagnie au lendemain de la seconde guerre mondiale dans un Japon dévasté : Soichiro Honda. Inventeur de génie, mécanicien hors pair au talent inné, cet homme n’a jamais voulu parler de lui, pensant que son nom devait être associé à une marque plutôt qu’à lui-même. Ce n’est qu’après plusieurs années qu’il a finalement accepté d’effectuer une série d’entretiens avec le journaliste français Yves Derisbourg, quelques semaines avant de disparaître. Plus qu’un récit, véritable testament, ce témoignage traduit dans 14 langues est une saga dans laquelle Soichiro Honda livre sa vision: son entreprise, sa famille, sa religion, les femmes, ses inventions, sa philosophie, ses joies, ses succès, ses échecs. Préfacé par son fils Hirotoshi Honda, longtemps en charge de la mise au point des moteurs de F1, le livre contient des témoignages de ses pilotes Senna et Prost.

www.monsieurhonda.com

 

Connaissez-vous tout des Jaguar Mk I et II ?

British Motors, le magazine n’a pas pu continuer, la faute aux contraintes du papier. L’équipe se lance dans l’édition de livres. Le «Jaguar Berlines 1955-1968» dans un format peu encombrant, 240 x 120 mm, est sans faute. À l’écriture Hubert Baradat pour la partie historique, Stéphane Schlesinger pour les essais illustrés par des photos de Laurent Duchêne. 120 pages pour 13 ans de berlines, les replaçant dans le contexte et suivant leur évolution, pas une encyclopédie mais un panorama. Côté illustrations, on alterne entre photos d’époque et publicités, nombreuses. Ce livre se démarque en associant l’essai moderne à l’histoire. C’est complet mais pas rébarbatif. Même lorsqu’on n’est pas mordu de Jaguar, l’on apprécie, comme nos amis de «News d’anciennes», une référence.

www.britishmotors.fr

 

Source : éditeurs par Philippe Colombet