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«Les belles lectures de l’Oncle Philippe»

#13 jours - #bande dessinée - #bd - #DUPUIS - #Michel Vaillant - #ONCLE PHILIPPE

Le grand retour de Michel Vaillant en Formule 1

Après 14 ans d’attente

La superbe et réaliste couverture de «13 jours», le nouvel album de Michel Vaillant. Il est d’ores et déjà en librairie.

 

Alors que l’écurie Vaillante vient de renouer avec le succès lors du Grand Prix de Macao en F3, Michel est appelé par Renault F1 pour disputer le Grand Prix de France

 

Par Philippe Colombet

Photos : Germain Hazard et D.-R.

Mars 2009, Philippe Graton fonde à Bruxelles la «Fondation Jean Graton» pour «La conservation de l’œuvre artistique de Jean Graton et le développement de sa notoriété». Fin 2015, il publie aux éditions «Hors Collection» une passionnante biographie illustrée de 320 pages sur son père.

Et c’est dans treize jours ! Une préparation éprouvante l’attend et surtout un pari risqué. Car s’il remporte l’épreuve, la marque Vaillante sera légitime pour revenir dans la course. En revanche, en cas d’échec… Gardons le suspens et partons à la rencontre d’un célèbre scénariste. Flash-back ! Philippe Graton, né le 12 mai 1961 à Uccle, Belgique, est écrivain et photographe. Il est l’auteur de divers articles, d’une biographie de Jean-Claude Van Damme, de scénarios pour la série de bande dessinée Michel Vaillant dont il a confié l’adaptation cinéma à Luc Besson et pour la télévision avec Stéphane de Groodt, pour «Canal +». Photographe autodidacte, il effectue des reportages pour Sygma, Corbis, au Vietnam, Cambodge, Bosnie, etc. Son blog associe photographie et écriture. Parallèlement et depuis 1994, il écrit donc les scénarios de la bande dessinée «Michel Vaillant», créée par son père Jean Graton, et a lancé en 2012 une «Nouvelle saison» dont le huitième album, «13 jours», vient de sortir. Les albums qu’il scénarise, ou co scénarise, atteignent le respectable chiffre du million d’exemplaires vendus.

La vie privée des pilotes y est toujours très réaliste.

Jusqu’à la ZAD de Notre-Dame des Landes

Notons aussi que, de 2014 à 2019, Philippe Graton a photographié la célèbre ZAD de Notre-Dame des Landes et la vie quotidienne de cette société alternative, ce au format argentique. Cet engagement dans la durée donne une œuvre photographique vraiment exceptionnelle, une restitution unique et historique de cette expérience marginale dont l’intérêt n’a jamais été aussi actuel. Ces photographies et notes de terrain sont regroupées dans un livre, «Carnets de la ZAD», publié en septembre 2019 aux éditions «Filigranes», des photographies par ailleurs exposées au centre d’art Apollonia à Strasbourg et au musée de la Photographie à Charleroi.

 

Une véritable immersion dans l’univers de la Formule 1.

Neuf questions à Philippe Graton

Autour du nouveau «Michel Vaillant, 13 jours»

Philippe Graton n’est-il pas le frère de Michel Vaillant ?

Derrière une bande dessinée, il y a un scénariste. Celui-ci a un nom, un grand nom, et avec vingt-cinq scénarios, un téléfilm, un film cinéma avec Luc Besson et plusieurs livres, s’est fait un prénom. Rencontrons-le.

Pour débuter, quel est l’album de la première série des 70 tomes qui vous a donné envie de faire de la bande dessinée ?

Je n’ai jamais eu envie de faire de la bande dessinée, j’ai juste ressenti le besoin d’aider mon père quand il en a eu besoin, au début des années 80, suite à des soucis d’éditeurs, quand il a voulu s’auto éditer. Si je suis aujourd’hui scénariste de Michel Vaillant, c’est un hasard. Revenant d’un reportage au Vietnam pour «Paris-Match Belgique», j’ai déposé un paquet de photos sur la table à dessin de mon père en lui disant : «Ce pays est fantastique, tu devrais y situer une prochaine aventure de Michel Vaillant». Il m’a dit : «Écris le scénario, toi». C’était en 1993, et je n’ai plus arrêté depuis !  Mais si votre question est : parmi les Michel Vaillant, quel est mon album préféré, je vous répondrai : «Le Retour de Steve Warson». Et, en «P2» comme on dit en course, «Le 8e Pilote».

 

Comment est née l’idée du scénario de «13 jours», ce retour de Michel Vaillant en Formule 1 après 14 ans d’attente ?

En 2012, j’ai démarré une «Saison II» des aventures de Michel Vaillant. Je voulais que les Vaillant redémarrent de zéro, qu’ils se retrouvent au pied du mur, qu’ils soient obligés de se battre pour refranchir tous les échelons jusqu’à la discipline reine, la Formule 1. Au huitième épisode, les y voilà. Presque ! Avec mon co scénariste Denis Lapière, on a écrit une histoire qui place le lecteur en totale immersion dans le monde actuel de la Formule 1.

Aucun doute, scénaristes et dessinateurs sont des experts.

Quel bilan faites vous aujourd’hui de la «Nouvelle Saison» de Michel Vaillant, a t-elle retrouvé l’énergie que vous souhaitiez ?

Je suis heureux de constater qu’au huitième tome, le succès de la «Saison II» se confirme et est en pleine croissance. Ça veut dire que l’on a tenu notre promesse. Au début, les nouveaux lecteurs étaient séduits, mais pas mal d’anciens étaient déconcertés. Aujourd’hui, ils nous ont rejoint. Avec Denis Lapière, Marc Bourgne, Benjamin Benéteau, Vincent Dutreuil, que des jeunes gars de grand talent, et sous le regard critique de José Louis Bocquet et Sergio Honorez, on a réussi à créer une BD contemporaine qui respecte les valeurs de Michel Vaillant mais qui est devenue bien plus qu’une histoire d’automobile. C’est une grande saga familiale, sportive, industrielle et d’espionnage, au centre des enjeux du XXIe siècle.

 

Tout changer mais surtout sans rien changer, quelle est la recette ?

La sincérité. Écrire ce qu’on a envie d’écrire, ce qui nous plaît. J’ai la conviction que si j’écris quelque chose qui me passionne, ça passionnera forcément d’autres personnes. Je ne crois pas au marketing, aux études de marché, aux sondages, aux soi-disant attentes du lecteur. Il faut écrire ce qu’il nous brûle d’écrire, et espérer que ça plaise. Rien n’est sûr et il n’y a pas de recette pour le succès. Alors, autant être sincère. Au moins, au départ, on est sûr que ça plaît au moins à une personne.

 

Il fallait que Michel Vaillant puisse rejoindre les questionnements du XXIème siècle ?

Vous avez raison. Au XXIe siècle, il faut faire de la BD du XXIe siècle. J’ai, moi aussi, la nostalgie des années 60 et 70. Pour ça, il y a la fabuleuse «Intégrale Michel Vaillant», en vingt tomes très augmentés, et la bible de 320 pages, «Jean Graton et Michel Vaillant, l’aventure automobile», de Xavier Chimits, parue chez «Hors Collection». Tous les amoureux de cet âge d’or l’ont dans leur bibliothèque. L’œuvre de Jean Graton est intacte et la «Fondation Jean Graton», créée il y a dix ans, y veille.

 

Nourris des séries télévisées et du cinéma, le public est-il différent ? Est-il plus exigeant ?

Oui. Mon père faisait des bandes dessinées pour des illustrés pour enfants, comme les hebdomadaires «Spirou» puis «Tintin». Les publicités de l’époque précisaient : «Après tes devoirs, tu pourras lire…». Les lecteurs ont changé. Aujourd’hui, l’âge moyen du lecteur de BD est de quarante ans. Il a été nourri par d’autres médias, cinéma, télévision, web séries. Il est plus vif d’esprit et plus exigeant.

 

Moins rigide qu’à ses débuts, le personnage de Michel Vaillant dévoile désormais davantage son humanité, jusqu’où cela peut-il aller ?

Ne vous inquiétez pas. Michel Vaillant reste Michel Vaillant. C’est un homme et un héros. Un véritable ami, loyal et courageux, comme il était écrit au dos des premiers albums. Mais il a gagné en profondeur, on lui découvre des faiblesses, des conflits internes, qui le rendent plus crédible. Mais qu’il surmonte car il est, en effet, courageux. Il reste un exemple.

 

Vous qui cumulez plusieurs grandes activités professionnelles, celle de scénariste vous stimule t-elle toujours plus que les autres ?

Le scénario, c’est la dramaturgie. Et la dramaturgie, c’est notre vie. Ce qui nous arrive. La façon dont les choses se déroulent. Nos coup durs, nos faiblesses, nos  obstacles, nos conflits, nos amours, nos trahisons, nos amis, nos ennemis, nos traitres, nos mentors… Je ne connais rien de plus passionnant. Que j’écrive des histoires, des Michel Vaillant, mes Wednesday Shots ou mes «Carnets de la ZAD», tout est dramaturgie, qu’on le veuille ou non. Les scénarios imitent la vie, mais la vie est un scénario, plus ou moins bon.

Philippe Graton, Florence, Vaillante par Germain Hazard.

Comment imaginez-vous la suite de cette activité et votre rôle dans la saga «Michel Vaillant», êtes vous parti pour une saison de 70 tomes et cinquante ans ?

Hahaha (rires), j’aimerais que ce soit vrai ! Mais je pense que Michel Vaillant, pour rester Michel Vaillant, a besoin de sang neuf. Aujourd’hui, mon rôle est de prendre soin de mon vieux père et de la «Fondation Jean Graton» (et de mes enfants, Zeno et Arthur !) mais peut-être que pour les prochaines aventures, il faudra de nouveaux talents. Et puis, j’ai d’autres choses à écrire et à photographier. Alors, «À suivre», comme au lisait au bas de chaque double page du journal «Tintin» !

 

Propos recueillis par Philippe Colombet

 

Fiche technique

Titre : «13 jours»

Album de bande dessinée

56 pages

Éditions Dupuis

En librairie depuis le 6 septembre

Prix : 15,95 euros TTC

www.dupuis.com

 

 

Pourquoi nous aimons : presque le retour du Michel Vaillant des débuts, scénario vraiment inédit, remarquable expertise technique, immersion très réaliste dans la Formule 1 d’aujourd’hui et des dessins vraiment très réalistes.

Nous aimons moins : tout est peut-être trop vrai et des surprises romantiques plus nombreuses seraient tout de même les bienvenues.

Note : trois étoiles sur trois étoiles.

Accroche : «Michel Vaillant reste Michel Vaillant», Philippe Graton.

 

 

Nous en reparlerons:

«Conduire sa moto en pro», 2ème édition

Posséder toutes les connaissances relatives à la conduite, bien connaître son véhicule et acquérir de bonnes habitudes sur la route n’est pas tout. La moto est le plus agile des véhicules routiers, mais aussi le plus fragile. C’est le premier ouvrage qui présente techniques et sécurité sans faire fi du plaisir de rouler. Il s’adresse aux débutants comme aux plus expérimentés, qui y trouveront, comme se plaît à dire l’auteur, des trucs et des astuces pour devenir un vieux motocycliste ! On y trouve tout, de l’habillement à la moto en passant par la position de conduite, la conduite en groupe, les situations particulières, les situations d’urgence, les accessoires et les bagages, les pannes, le remisage et le vocabulaire. Pierre Lessard est professeur de moto depuis plus de 25 ans. Chroniqueur spécialisé, il a codirigé une école de conduite de Montréal, a formé des professeurs de conduite.

www.librairieduquebec.fr

 

«Une cité industrielle» par Tony Garnier

Les éditions «Deux cent cinq» et Archipel Centre de culture urbaine présentent «Une cité industrielle» par Tony Garnier à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de l’architecte Tony Garnier (1869-1948). Ce projet conçu et dessiné par Tony Garnier lors de sa résidence à la Villa Médicis entre 1901 et 1904 constitue une référence dans l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme du XXe siècle. Un urbanisme qui concerne, bien entendu, le monde de l’automobile. Plus que jamais ! Cette édition est un événement puisque jamais un véritable fac-similé n’a été réalisé à partir de l’exemplaire original de 1917. Deux auteurs contemporains, François Chaslin, architecte et critique d’architecture, et Thierry Paquot, philosophe, urbaniste, introduisent le projet en le replaçant dans son contexte historique et en interrogeant sa portée un siècle plus tard. C’est une édition réalisée en partenariat avec les Archives municipales de Lyon.

www.editions205.fr

 

«Chauffeur Taxi Parisien» Tome IV

Depuis 32 ans maintenant, Emmanuel Yomba II semble réussir tout ce qu’il entreprend. Mais chaque médaille a son revers. Les tensions professionnelles qui le plongent dans le désarroi, l’incertitude qui gagne du terrain lui font remettre sa vie en question. Au sein de ce chaos intime, il sait que son métier demeure son point de repère. Lorsqu’il dialogue avec ses clients, il peut aborder différemment ses difficultés, et les comprendre. Dans ce quatrième tome de son «Chauffeur Taxi Parisien», Emmanuel Yomba II relate, de par son métier, une merveilleuse palette de la diversité humaine. De ces rencontres fugaces naît un récit empreint de bienveillance.

www.editions-pantheon.fr

 

Source : éditeurs par Philippe Colombet

Source : Philippe Colombet