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Les belles lectures de l’Oncle Philippe

#1967 - #Patrice Vergès - #Peurs bleues - #Philippe Colombet

Peurs bleues

Patrice Vergès à la plage

«Dans ce roman, rien n’est vrai mais tout est exact…»

Premier ouvrage d’une série, «Peurs bleues» de Patrice Vergès, bleu comme le bleu 418 le coloris des Gordini de la fin des années 60, recrée l’atmosphère ricinée de la coupe. Un roman passionnant, que demander de plus sur la plage ?

Sur le Bassin d’Arcachon, comme pour ses nombreux lecteurs passionnés d’automobiles, Patrice Vergès est incontournable. Journaliste automobile depuis 40 ans, historien de l’automobile, il est également romancier.

Si Patrice Vergès partage, en effet, ses activités entre l’écriture d’articles sur l’automobile pour de nombreux magazines et divers sites Internet, l’écriture d’ouvrages sur l’automobile en tant qu’historien et des chroniques sociales dans des radios locales autour du Bassin d’Arcachon, il est également romancier avec nombre de thrillers. Pour la majorité d’entre eux l’action se situe dans les années 60/70, une époque qu’il affectionne et qui concourt à imprégner ses romans d’une atmosphère nostalgique très singulière dont il parfume malicieusement ses pages. Une époque où la vitesse était une ivresse mortelle. Chaque week-end de courses, un ou plusieurs pilotes étaient emportés par leur folle passion !

 

Une existence bleue Gordini va se teinter de rouge sang

Flash-back ! 1967, Jean-Pierre Mancini, pilote amateur participe à la nouvelle Coupe Renault 8 Gordini. Fils d’un ancien coureur de l’écurie D.B, à près de 35 ans, c’est davantage par passion que par espoir de devenir professionnel comme certains de ses copains participant à cette Coupe. Il a déjà une bonne situation dans l’informatique naissante. Un décès brutal lui permet de découvrir une demi-sœur d’une troublante beauté, une demi-sœur dont il ignorait totalement l’existence. Cette étonnante rencontre est liée à une succession de morts autant violentes qu’étranges autour de lui, des décès qui vont le mettre en danger. L’existence bleue Gordini de Jean-Pierre Mancini se teinte alors de rouge sang… Dans cette intrigue haletante, sans limitation de vitesse, nous retrouvons l’ambiance des années 60 parfumées à l’odeur de ricin des courses automobiles, là où la mort était parfois le prix à payer pour remporter la victoire. Une époque que le romancier Patrice Vergès connaît bien. Il a aussi été journaliste pour l’incontournable magazine «Échappement» à cette époque.

1967, Christian Ethuin et la bataille de la Coupe Gordini faisant rage sur le circuit de Charade, Patrice Vergès a de bonnes sources, cela se retrouve dans ce roman captivant qui tiendra parfaitement en haleine de pages en pages. Rien à voir avec les courses de GT de la même époque où les pilotes ne voulaient pas froisser les ailes de leurs Ferrari et Porsche. Les pilotes de Gordini, eux, n’avaient vraiment peur de rien.

Un livre déjà primé outre Rhin

Et, il est aussi, en effet, aussi l’auteur de «30 ans de voitures bleues» publié chez Drivers en 2006 et de «Ces belles voitures dont a rêvé mon père» chez ETAI en 2010. Sinon, «Michelin à la conquête de l’automobile» en 2013, «Ces sportives dont a rêvé mon père» en 2014, «Ces Opel sportives» en 2015, «Les Youngtimers Renault» en 2016, «Les plus belles Fiat» en 2018, «Les plus belles Alfa Romeo» en 2019 et «Les plus belles Simca» en 2016, tous chez l’éditeur ETAI, sont d’autres de ses nombreux ouvrages. Ce dernier est un livre, réalisé avec la talentueuse Cathy Dubuisson aux photographies, qui vient d’être primé par un prix spécial de presse en Allemagne pour son édition allemande. L’éditeur d’outre Rhin n’a d’ailleurs changé que la photographie de couverture avec une Simca 1100 TI. Nos voisins Allemands la préfèrent-ils ?

 

1 600 voitures au compteur, dont plus 200 anciennes

C’est depuis 2007 que Patrice Vergès est romancier en cumulant nombre de thrillers où, pour la majorité d’entre eux, l’action se situe aussi dans les années 60/70. Côté romans, ce sont «On a marché sur Arcachon», «Bons baisers de Nice», «Sale Temps sur le Bassin», «Monte-Cristo», «Sexa» et «Les disparues de la Garonne» tous chez l’éditeur «Vents salés», «Sale temps sur Arcachon», «Tempête sur le Bassin» et «13 jours à tuer» chez l’éditeur Lucien Souny, sans oublier «Le 7eme mercenaire» en 2018 chez BJB, l’éditeur de ce «Peurs bleues». Respect ! Sinon son «Monte-Cristo» est une version revisitée sur 368 pages du célèbre roman d’Alexandre Dumas. Il reprend le thème de la trahison et du châtiment avec l’originalité est d’avoir l’action transposée de nos jours et surtout dans sa région du Bassin d’Arcachon. «Monte-Cristo» est son 21ème ouvrage depuis 2007. C’est clair, s’il a pris le maquis dans le Bassin d’Arcachon, c’est probablement pour écrire, beaucoup écrire donc. Sous le surnom de «Oncle Pat», il raconte aussi ses souvenirs d’essayeur automobile, 1 600 voitures au compteur dont plus 200 anciennes, dans les magazines «Youngtimers», «Le Chevronné» et le «Blog Honda». Nommé «Ministre de la culture», au sein de l’incontournable site automobile «Petites Observations Automobiles» plus connu sous le nom de «POA», il évoque autant les automobiles modernes que les anciennes à travers des portraits de passionnés, lecture à conseiller, hautement.

 

Le double Champion de France des Rallyes Jean-Claude Andruet semble avoir particulièrement apprécié ce roman. Il l’a d’ailleurs écrit dans une très belle lettre à l’auteur, un compliment venu de la part de celui remporta deux victoires, Reims et Clermont, dans la première Coupe Gordini en 1966.

Avec «Les polars de l’auto», son éditeur BJB souhaite maintenant populariser la grande histoire de l’automobile, une collection parrainée par le pilote Jean-Pierre Jarier. Et comme le précise Patrice Vergès : «Dans ce roman, rien n’est vrai, mais tout est exact». Patrice, dépêche toi d’en écrire d’autres !

 

 

Fiche technique

Titre : «Peurs bleues»

Auteur : Patrice Vergès

Éditeur : BJB

Nombre de pages : 300 pages

Prix public : 20 euros TTC

www.bjbeditions.com

 

Pourquoi nous aimons : rédaction alerte, rédaction experte, plongée dans une époque et lien évident avec l’automobile.

Nous aimons moins : une catégorie de romans encore trop réduite, une catégorie qui ne demande qu’à se développer.

Note: trois étoiles sur trois étoiles.

 

 

Questions à Patrice Vergès

Autour de «Peurs bleues»

Lui qui a débuté sa carrière en 1972 avec le magazine «Échappement», avant d’œuvrer pour «Auto Hebdo», lui que nous apprécions régulièrement croiser dans diverses grandes manifestations du monde de l’automobile, là où il puise aussi probablement son inspiration. «Le 7ème mercenaire» est un autre de ses romans policiers à dévorer, les souvenirs de sept amis d’adolescence hier serrés dans une grande Simca Versailles V8, sept amis perdus de vue depuis 30 ans…

Derrière un livre, il y a un auteur. Nous l’avons rencontré.

 

Retrouvons alors Hervé Hélary interviewant Patrice Vergès sur «Radio Cap-Ferret», 97.9, au sujet de son livre «Peurs Bleues» lors de l’émission «Coup de volant», c’était en 2016.

 

Voiture mythique des années 60, de couleur bleue avec des bandes blanches la Renault 8 Gordini est omni présente dans ce roman policier «Peurs Bleues» ?

La Renault 8 Gordini était une version sportive de la populaire R8 Renault des sixties. Elle se reconnaissait à sa couleur bleue France, ses doubles bandes blanches longitudinales et à sa sonorité très évocatrice. Rapidement, elle est devenue la voiture sportive de tous les jeunes sportifs et a révélé un grand nombre de pilotes dont certains ont accédé à la Formule 1.

 

Cela marchait vite une Renault 8 Gordini ?

Pour l’époque, c’est à dire il y a plus de 50 ans, la version 1300 a vu le jour en 1966, elle offrait des performances élevées avec ses 175 kilomètres/heure liés à des reprises formidables. C’est surtout son incroyable maniabilité, due au moteur positionné à l’arrière, qui lui a permis de gagner les plus grands rallyes. C’est aujourd’hui une voiture mythique adulée par de nombreux clubs de passionnés puisque seulement 10 000 ont été produite en 5 ans et beaucoup ont disparu. Ses cours de ventes sont aujourd’hui hélas en train d’exploser, de 40 000 à plus 50 000 euros !

 

Revenons à ce livre. Vous nous avez habitués à produire des thrillers chez «Vents salés» qui avaient comme cadre la région bordelaise et le Bassin. Que s’est t-il passé ?

C’est l’éditeur BJB éditions qui a lancé une collection de polars autour de l’automobile qui m’a contacté. Un pari difficile car très peu ont été produits. La mécanique subtile du «Polar» conjuguée avec l’automobile est complexe. Heureusement, j’ai longtemps travaillé pour un magazine automobile sportif, «Échappement», et j’ai aussi eu le plaisir de posséder plusieurs R8 Gordini. Cela aide.

 

L’action de ce livre se passe en 1967 ?

Elle se déroule sur une saison de la fameuse Coupe Gordini. C’étaient des épreuves en circuit qui opposaient les «Gordinistes» à travers des luttes vraiment serrées puisqu’ils avaient tous la même voiture. J’ai alors inventé un héros, Jean Pierre Mancini, qui participe à cette Coupe Gordini.

 

Vous avez donc invité un héros de fiction qui s’inscrit dans une réalité passée ?

Effectivement, c’était la difficulté. Personnage fictif, il côtoie de personnages réels connus et inconnus. Il participe à des épreuves réelles ayant eu lieu. Je ne pouvais pas changer ni les dates ni les lieux ni certains exploits de course ni l’actualité du jour. C’est très compliqué. À l’inverse de la réalité augmentée, j’ai crée de la fiction augmentée.

 

Mais cela reste un vrai «Polar» ?

Évidemment, avec tous les ingrédients d’un thriller, une intrigue, une fausse histoire comme d’habitude pour emmener le lecteur sur une piste erronée, des faux gentils, des vrais méchants et le quotidien de ce pilote qui s’inscrit dans la réalité du temps. Il écoute les informations de 1967 comme celles de la guerre des 6 jours avec Moshé Dayan, il écoute les tubes de cette année là avec Procol Harum, «A whiter shade of pale» et il est marqué par l’accident mortel de la sublime Françoise Dorleac, la sœur de Catherine Deneuve. Je l’ai inscrit dans une actualité parfaitement réelle.

 

Il y a des meurtres, du sang, de la sueur et du sexe, la marque de fabrique ?

Le héros transpire beaucoup et il y a des sorties de route. Oui, il y a pas de mal de meurtres, du sang rouge sur du bleu Gordini, des larmes avec un terrible chagrin d’amour et la mort brutale de son père, lui même ancien pilote de course et quelques scènes osées…

 

C’est un bouquin de 300 pages vendu 20 euros, la couverture est sublime, toute bleue, et c’est publié chez BJB Éditions. Où le trouve-t-on ?

On peut le commander cher l’éditeur BJB, le port est gratuit, et le trouver de même dans les librairies telle la FNAC.

 

 

Nous en reparlerons

 

«Michelin et sa ville» par Pierre-Gabriel Gonzalez

C’est le livre que ce journaliste nous proposera cet automne en format poche aux éditions de Borée. C’est une longue histoire, plus de 130 ans. Une histoire forte parsemée de succès, de joies, de sacrifices et de peines pour cette entreprise qui conserve des valeurs propres et qui a tant donné à «sa» ville. La disparition brutale d’Édouard Michelin, en 2006, et celle de son père, François Michelin, en 2015 ont montré l’attachement des Clermontois pour la famille qui a dirigé l’entreprise. Cet ouvrage décrypte, avec passion et humour, les relations complexes nouées entre l’entreprise et Clermont.

www.deboree.com

 

Des «Tracteurs» pour la fin de l’année ?

Pas moins de 288 pages, 29.90 euros, l’ouvrage dédié à l’histoire des tracteurs agricoles par Francis Dréer, aux éditions clermontoises De Borée, sorti le 18 avril dernier est donné comme gagnant dans une sélection des beaux livres de la fin d’année. Voici qui serait une fort méritée récompense.

www.deboree.com

 

«Les plus belles BMW», cela avance !

C’est Patrice Vergès qui nous le dit : «Nicolas continue a photographier les BMW pour le livre ‘Les plus belles BMW’ qui va sortir chez ETAI le 30 octobre prochain. Après une sublime 30 CSI, il a photographié une M3 E36 légèrement préparée puis une autre M3 E30 mais en 4 cylindres. Puis, il a immortalisé une rare BMW 750. Contrairement à ce que l’on imagine, ce n’est pas la M1 qui a été la plus difficile à photographier mais une superbe 1800 TI 1965 qui l’a poussé hors de France. Une voiture rarissime dans un état concours, elle qui a marqué le retour de BMW en 1961 avec la ‘Neue Klasse’. Magnifiques aussi la 323 Baur et la voluptueuse Z3 M dont la mélodie nous a enthousiasmés. Plus tard nous évoquerons la 535, la M1 et la 2002 Turbo. Et serons prêts pour de nouvelles aventures, avec une marque française».

www.editions-etai.fr

Par Philippe Colombet

Photos : D.-R.