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Les belles lectures de l’Oncle Philippe

Culture vroum #David Kings - #Editions Glénat - #Les belles lectures de l’Oncle Philippe - #livre

Autour des éditions Glénat

«Vingt titres Glénat se trouvent dans le ‘Top 100’»

Avec David Kings, un éditeur côté coulisses

 

Derrière les livres, il y a des auteurs de talent, des auteurs déjà bien connus des nombreux lecteurs du magazine «Antibrouillard» du CCFA. Et, aux côtés de ces auteurs, il y a des éditeurs, moins connus. Rencontrons l’un d’eux…

 

Propos recueillis par Philippe Colombet

 

C’est un numéro un peu particulier que nous vous proposons puisqu’il est, en grande partie, consacré aux Editions Glénat, une maison d’édition née dans les Alpes, à Grenoble, de la volonté de Jacques Glénat. Une maison d’édition qui fait rayonner à travers le monde aujourd’hui, aux côtés de ses publications BD, Jeunesse et livres Mer, Montagne et Nature, quelques-uns des plus beaux livres consacrés au thème de l’automobile . Flash-back, dans les statistiques GFK il y a un élément à faire ressortir. Glénat place 20 titres dans le «Top 100» des meilleures ventes GFK en valeur de la catégorie automobile sur les cinq dernières années, soit : «Plus de la moitié de tous les titres automobiles actifs au catalogue Glénat», souligne fièrement David Kings, Directeur Général du département livres dans les bureaux parisiens de l’éditeur grenoblois. Un taux de réussite plutôt encourageant. 2020, si la pandémie a touché et impacté nombre d’entre nous, elle a peut-être aussi réconcilié les Français avec la lecture. Alors qui sont ces Français qui lisent de plus en plus ? Vous et moi, c’est bien sûr ! Quelles sont les tranches d’âge ? Le sentiment d’isolement a-t-il poussé les Français à lire davantage ? Entre les adolescents et les étudiants dont le moral est en baisse, la lecture est-elle un remède ? Comment un éditeur comme Glénat a-t-il su tirer son épingle de cette situation ?

 

Derrière les beaux livres, il y a des éditeurs

David Kings dirige donc le département livres des bureaux parisiens de Glénat à Issy-les-Moulineaux. Il nous parle largement de la stratégie éditoriale qu’il développe, des nouveaux succès et des perspectives. Derrière les livres, il y a des auteurs et des photographes de talent mais il y a aussi des éditeurs, autant professionnels que passionnés ! Une belle rencontre…

 

 

Une rencontre avec David Kings c’est l’assurance de passer un très agréable moment à la fois très culturel et décontracté.

 

 

Plus personnellement, pour commencer, parlez-nous un peu de vous, quel sont vos parcours, personnels comme professionnels ?

J’ai débuté ma carrière en travaillant comme journaliste pour un hebdomadaire bien connu de nombreux collectionneurs d’automobiles, «La Vie de l’Auto» avec Daniel Georges à Fontainebleau. Ville dans laquelle, arrivant d’Oxford où j’étudiais le français et la philosophie, j’avais été nommé comme assistant d’anglais pendant un an au lycée François 1er. Durant mon séjour à Fontainebleau, j’ai écrit quelques piges comme correspondant pour des journaux anglais, et noué de nombreuses relations comme celle de Bernard Nicod, ancien Directeur général de l’hebdomadaire «La République de Seine et Marne». C’est lui qui m’a présenté Daniel Georges, fondateur de «La Vie de l’Auto», à qui j’ai proposé ensuite le projet de faire une édition anglaise de son journal. Si l’Angleterre compte de nombreux magazines automobile, elle n’avait rien à l’époque de comparable au format de «La Vie de l’Auto» avec le potentiel des petites annonces. Je m’étais dit qu’une sélection de petites annonces aurait pu séduire des collectionneurs anglais. Nous avions même réalisé la maquette d’un numéro «zéro», mais avant de prendre une décision, Daniel Georges me proposa, auparavant, d’apprendre le métier en passant par différentes fonctions au sein de ce journal, des étapes techniques à la rédaction. Tout est parti de là. Finalement la version anglaise n’aura jamais vu le jour, mais j’ai travaillé pendant deux passionnantes années au sein du journal. Cela a été un formidable apprentissage du métier pour le jeune journaliste que j’étais.

 

Mais alors quel a été, ensuite, le parcours entre «La Vie de l’Auto» et les Editions Glénat ?

A «La Vie de l’Auto» on touchait un peu à tous les métiers : le reportage, la rédaction, la maquette, l’édition et bien d’autres choses encore. Après mon passage au journal, j’ai réalisé beaucoup de traductions de livres de l’anglais vers le français, entre autres pour les éditions Michel Lafon pour qui j’ai traduit un livre sur Tina Turner et la biographie de Mikhaël Gorbatchev par des journalistes de «Time» magazine. C’était l’époque de la Perestroïka. Ces missions m’ont permis de rentrer dans le milieu (NDLR* : si fermé !) de l’édition française. En 86 ou 87, alors que je me rendais une nouvelle fois au Salon du Livre à Paris, j’ai rencontré les responsables des Editions Atlas, éditeur très présent à l’époque dans la production de fascicules encyclopédiques, une formule chère à Monsieur de Agostini. Ce groupe, dirigé par Patrick Lemarchand et actif dans le monde de l’édition et de la presse, me mit tout de suite à l’aise. C’est là que l’on me confia le lancement d’un magazine d’apprentissage de l’anglais, «Speak up» dont j’ai pris la rédaction en chef. Toujours au sein d’Atlas, l’on me proposa ensuite de prendre la direction de la division livres, une nouvelle activité pour cet éditeur. J’y ai édité des livres pratiques et encyclopédiques sur un grand nombre de thèmes, des livres autant vendus en librairie que par correspondance. Puis, à la fin des années 90, le groupe De Agostini s’orientant davantage vers les collections multimédias en vente directe, un partenariat d’édition s’est formé entre Atlas et Glénat sous forme de licence. Me voici engagé pour un beau, et inoubliable, parcours de plus de 20 années chez Glénat. Notre partenariat historique avec Atlas existe d’ailleurs toujours en 2021 !

 

«100 ans d’automobiles», des modèles de légende, du tricycle Benz à la Ferrari FXX K Evo, comment débuter autrement cette petite sélection des plus beaux ouvrages récents de David Kings aux éditions Glénat ? Du rêve à la route, laissez-vous emporter à bord des plus belles automobiles du monde. De la Bugatti 57SC Atlantic à l’Aston Martin Valkyrie, en passant par la Mercedes-Benz 300 SL, la Ferrari 250 GT, la Shelby AC Cobra ou la Lamborghini Countach, toutes ces voitures ont, par leur esthétique, leurs innovations technologiques ou leurs performances sportives, contribué à l’aventure automobile commencée il y a un peu plus d’un siècle. En mariant art et savoir-faire, beauté et technicité, les cinquante modèles de légende présents dans ce livre ont tous reçu leurs lettres de noblesse. À ses débuts, l’automobile prenait la forme de tricycles ou quadricycles auxquels on avait ajouté un moteur de combustion. Rapidement, ces premiers véhicules rudimentaires évoluèrent vers des modèles plus sophistiqués, lesquels s’étaient dotés de lignes plus harmonieuses, plus fluides, dictées par les recherches en aérodynamique. À travers les années, les moteurs et les mécaniques ont gagné progressivement en puissance et en fiabilité, les habitacles se sont renforcés en matière de sécurité. Auteur de très nombreux ouvrages, grand spécialiste des «Classic cars», Larry Edsall nous présente ici les modèles exceptionnels qui ont marqué 100 ans d’automobiles, depuis les voitures populaires comme la Citroën 2 CV ou la VW Coccinelle, aux bolides de haute performance que sont la Nissan 350 Z, la Porsche Carrera GT ou la Ferrari FXX K Evo. Journaliste spécialisé dans l’automobile, Larry Edsall a travaillé pendant douze ans pour «AutoWeek Magazine», prestigieux hebdomadaire américain consacré à l’automobile. Au cours de sa carrière, il a suivi les plus importants événements sportifs et essayé sur les routes du monde les véhicules les plus divers en parcourant un million de kilomètres au volant de prototypes comme de voitures de production. Il est l’auteur de «Concept Cars» en 2003 (192 pages, format 23.5 x 30.6 cm, façonnage cartonné, prix public TTC France de 29.99 euros, parution du 19 septembre 2018).

 

 

D’ailleurs, pouvez-vous, maintenant nous présenter l’histoire de la belle maison alpine de Jacques Glénat ?

Toujours indépendante, cette société familiale créée en 1969 est un des piliers de l’édition de la bande dessinée en France, nous avons d’ailleurs fêté les 50 ans de la maison en 2019. Réputé dès ses débuts pour être une grande référence dans la bande dessinée historique avec notamment la grande collection Vécu, Glénat a enrichi son catalogue au fil des ans pour accueillir des personnages aussi incontournables que Titeuf, véritable phénomène de l’édition avec plus de 21 millions d’albums vendus à ce jour. Glénat fut également le premier en France à publier des mangas japonais avec les séries, Akira, Dragon Ball, et plus tard One Piece, devenues culte. Et, si la bande dessinée reste le principal moteur d’un groupe qui réalise aujourd’hui environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, Jacques étant grenoblois assouvit toujours sa passion pour la montagne en éditant des livres illustrés, des guides de randonnée et d’alpinisme, lesquels se complètent d’un riche catalogue maritime, nature et gastronomie. Depuis le bureau parisien, j’édite de mon côté, outre des livres sur l’automobile, des ouvrages de référence et d’histoire, des beaux livres sur la musique contemporaine comme, par exemple, le livre officiel du groupe «Queen» publié l’année dernière. Une référence !

 

Venons-en à l’automobile ?

C’est en effet un domaine que je connaissais déjà bien dans mon parcours de journaliste et aux Editions Atlas. Il y a cinq ans, j’ai décidé de renforcer cette partie de notre catalogue en éditant davantage de livres sur le thème. Une vingtaine d’ouvrages sont parus chez Glénat depuis 2016. C’est une thématique avec une cible bien définie, composée principalement de passionnés. En adoptant une politique éditoriale faisant appel aux meilleurs auteurs du domaine, comme Serge Bellu, Peter Nygaard ou Benjamin Cuq, l’on se donne des chances de réussir. Le livre de Benjamin Cuq sur la Ford Mustang a formidablement bien marché, il aura été réédité trois fois en l’espace de quatre ans.

 

E/P/A, E-T-A-I, Histoire & Collections, parfois Larousse et Flammarion, pour ne citer qu’eux, comment vous situez vous par rapport à vos concurrents ?

On peut aussi citer Solar et Hugo. Ces éditeurs historiquement présents sur ce segment continuent à éditer des livres de qualité sur l’automobile. Mais en cinq ans nous avons réussi à nous positionner comme un acteur sérieux dans ce domaine, comme l’attestent les résultats GFK de la catégorie : pas moins de vingt titres autos de Glénat se placent dans le top 100 des ventes ! C’est la plus forte proportion de tous les éditeurs de livres sur l’automobile. Cela veut dire aussi que près de deux tiers des titres actifs de notre catalogue depuis cinq ans se trouvent dans ce hit-parade, une belle réussite.

 

Quelles proportions prennent les achats et les ventes de vos livres avec l’étranger ?

Nous adaptons régulièrement des livres dont nous acquérons les droits auprès de nos confrères étrangers, ce fut notamment le cas avec le «BMW, un siècle d’excellence» ou « Aston Martin, élégance et puissance » développés par un éditeur britannique, ou « Porsche 911 by Porsche » co-publié avec un éditeur allemand. Réciproquement, nous vendons aussi les droits de beaucoup de nos créations éditoriales à l’étranger.

 

«Aston Martin, élégance et puissance», c’est l’histoire des voitures et des sensations inoubliables qu’elles produisent chez ceux qui les conduisent. Célèbres dans le monde entier, les ailes légendaires de l’Aston Martin ont orné quelques-unes des voitures les plus rapides, luxueuses, performantes et fascinantes du monde. Véritable phénomène de l’automobile, Aston Martin incarne depuis plus de 100 ans la puissance et l’élégance à l’anglaise. De la très emblématique DB5 des années 1960, aux supercars pouvant atteindre les 320 km/h, en passant par la futuriste Valkyrie, ce livre référence les 60 voitures les plus iconiques de la marque préférée de James Bond. Aston Martin n’est pas seulement une voiture d’exception mais aussi un vrai bolide de course ayant couru de nombreuses fois et notamment au Mans. Cet ouvrage, agrémenté de fiches techniques détaillant les spécificités de chaque modèle, retrace l’histoire complète de l’entreprise. Voiture de rêve, ou de réalité pour certains, Aston Martin reste incontestablement l’une des marques les plus caractéristiques au monde. «Evo Magazine» se consacre depuis 1998 aux voitures prestigieuses. Référence dans le milieu, il se distingue par la qualité de ses reportages en direct, souvent primés, et par celle de ses magnifiques photographies. Pour écrire cet ouvrage, les spécialistes de la rédaction de Vantage, magazine exclusivement consacré à la prestigieuse histoire d’Aston Martin, ont également été sollicités (224 pages, format 23.5 x 28.8 cm, façonnage cartonné sous jaquette, prix public TTC France de 35.00 euros, une parution du 14 novembre 2018).

 

 

Accepteriez-vous de nous donner quelques-uns de vos secrets, ceux que vous pouvez révéler, pour réussir de beaux livres sur les voitures ?

Nous choisissons principalement de publier des livres sur les marques automobiles de prestige, de sport ou de collection. Des marques haut de gamme comme Ferrari, Porsche, Harley Davidson ou BMW, par exemple. Ces marques déclenchent une véritable passion auprès des amateurs et nous nous adressons à eux. C’est presque volontairement que nous avons décidé de peu éditer de livres sur les marques populaires où l’élément moteur serait plutôt la forte charge nostalgique associée à telle ou telle voiture. C’est un domaine où notre confrère E-T-A-I est déjà très installé, je ne souhaitais donc pas entrer en choc frontal avec eux. Ils sont vraiment l’éditeur historique de ce secteur.

 

Quel est le livre que Glénat n’a pas encore édité et que vous rêvez de publier ?

Nous avons beaucoup de projets, notamment avec Serge Bellu, historien automobile hors pair. Nous venons de signer deux livres avec lui dont «La véritable histoire de l’automobile et de la femme», fruit d’une très longue réflexion. C’est un nouveau territoire que nous explorons, en traitant l’histoire de l’automobile de façon transversale en sortant du cadre monomarque. Ce livre est quasiment une étude sociologique sur la manière dont l’automobile a évolué dans son rapport avec les femmes. Nous avons d’autres idées de livres de ce type avec Serge, avec lequel nous venons aussi publier un beau livre sur les V12 Lamborghini. Le rêve de tout éditeur est d’éditer des ouvrages en ayant accès à des documents rares et inédits. Ce fut notamment le cas de notre livre sur la «Croisière Jaune» écrit par Ariane Audouin-Dubrueil, la fille du chef-adjoint des célèbres missions Citroën des années 20 et 30. Dans ce livre nous avons pu publier, grâce aux précieuses collections héritées de son père, des photos inédites tirées des plaques de verre colorisées à la main reproduisant l’œuvre de Maynard Owen-Williams, l’envoyé spécial du National Geographic de Washington qui accompagna la mission. Une expérience inoubliable ! Même le service historique de Citroën avait été très impressionné par ces documents qu’il découvrait à l’occasion de cette publication.

 

Les relations avec les auteurs sont un des aspects essentiels de votre métier, quelle est votre approche en la matière ?

Elles sont essentielles, intrinsèquement liées au métier d’éditeur. Un dialogue doit s’installer entre l’auteur et son éditeur, lequel doit se fonder sur une relation de confiance. Les expertises doivent se réunir, celle de l’auteur, spécialiste de son sujet, comme celle de l’éditeur qui construit une ligne éditoriale en cohérence avec son catalogue. De ce point de vue, et s’agissant dans notre cas de livres illustrés, l’éditeur doit imposer un certain nombre de contraintes comme les rapports entre texte et image, la qualité des documents, les différents niveaux de lecture, les caractéristiques techniques de l’ouvrage. C’est en dialoguant avec les auteurs que nous nourrissons nos projets, de nombreuses idées naissent de ces riches échanges. Ce fut en projetant initialement un ouvrage sur le thème des concours d’élégance des années 30 qu’est né finalement le livre sur «La véritable histoire de l’automobile et de la femme», un sujet qui n’avait pas jamais été abordé de cette manière. Cela devient un plaisir de travailler avec des auteurs talentueux comme Serge Bellu ou Peter Nygaard, auteur de notre impressionnant opus sur la Formule 1 (« 480 pages démentes » pour reprendre la formule d’un critique chez Ouest-France) : aux côtés de leurs connaissances encyclopédiques, ils ont un vrai regard, un style d’écriture très personnel.

 

Ce livre, «La véritable histoire de la femme et l’automobile, plus d’un siècle de conquêtes», est probablement l’un des coups de foudre de la fin de l’année 2020. Le livre dont nous avions justement besoin pour clore cette année pas comme les autres. L’automobile au féminin de la Belle Époque à nos jours.  Raconter la longue histoire de la relation entre les femmes et l’automobile revient à parcourir plus d’un siècle et à rappeler ses bouleversements. Cette longue odyssée se confond avec l’évolution de la condition féminine dans nos sociétés. Une condition toujours régie par le sectarisme masculin, encouragée par les paresses de la société et nourrie par les réticences politiques. Lorsque l’automobile fait son apparition au tournant du XXe siècle, la femme n’a guère sa place auprès d’une invention qui s’adresse aux classes aisées et aux hommes. Le sort de la femme au volant ne pourra évoluer qu’au rythme des transformations des mentalités, de l’évolution de son statut social, de son émancipation professionnelle, de ses droits civiques, de la fin des discriminations. Une longue route semée de carrefours, de déviations et de déviances sur le chemin de l’égalité. Journaliste et illustrateur, Serge Bellu, rédacteur en chef de «L’Année Automobile» depuis 2009 est l’auteur de plusieurs dizaines de livres sur l’histoire de l’automobile et du design publiés chez Larousse, Flammarion, la RMN, la Martinière, le Cherche Midi, Coachbuilt, les éditions du Regard, etc. Consultant pour l’industrie, il a été aussi chargé de cours et de conférences dans plusieurs écoles (Art Center College of Design, Strate, Arts & Métiers…). Il est un des grandsexperts (192 pages, format 24 x 32 cm, façonnage cartonné,  prix public TTC de 35.00 euros, parution du 14 octobre 2020).

 

 

Quelles erreurs faut-il absolument éviter pour ne pas rater un beau livre de voiture ?

S’il existait vraiment des clefs de succès imparables, tous les éditeurs ne publieraient que des best-sellers ! Comme d’autres, il m’est arrivé d’éditer des livres qui n’ont pas véritablement trouvé leur public. Il faut rester humble, apprendre de ses échecs. Je pense néanmoins que l’une des clefs du succès est justement de se remettre toujours en question, de chercher continuellement de nouvelles idées, de nouvelles approches, de nouvelles thématiques. Il faut également être en constante veille sur les nouvelles tendances du marché.

 

Retrouvez un siècle d’histoire de la moto, de l’âge d’or à nos jours. Fille de la bicyclette et du moteur à explosion, la motocyclette a aujourd’hui plus d’un siècle d’existence. Très vite, la motocyclette devient une attraction. Durant l’entre-deux-guerres, elle connaît un réel engouement. C’est à cette époque que les grandes marques françaises, britanniques, italiennes, allemandes et américaines dominent largement le marché en couvrant tous les besoins. Après 1945, en Europe, l’automobile populaire prend son essor. La moto n’a plus vraiment la côte. Les grands noms comme Norton, Triumph, BSA, Moto-Guzzi ou même BMW fournissent le gros de leur production au marché américain, un marché exigeant où il faut toujours plus gros, plus confortable et plus puissant. À ce petit jeu, ce sont les Japonais qui ont le mieux anticipé ces besoins et, dès les années 1960, ils s’imposent avec des machines novatrices, ludiques et performantes. Les Japonais inventent la moto loisir et inondent le monde entier de Honda, Kawasaki, Yamaha et Suzuki. Aujourd’hui, la moto est redevenue sous nos contrées un produit de loisirs, s’adaptant en se déclinant aux modes, mais elle est aussi désormais un concentré de haute technologie. À travers cet ouvrage, vous découvrirez ou re découvrirez aussi que moto rime aussi avec passion (448 pages, format 21 x 28.5 cm, façonnage souple, prix public TTC France de 35.00 euros, une parution du 17 octobre 2018).

 

Le choix de la couverture n’est-il pas le plus délicat, et pourquoi ?

Il est, en effet, fondamental. Pour des livres illustrés, l’esthétique, la qualité de l’image compte autant que le texte. Avec cette catégorie d’ouvrages il faut séduire. Une mauvaise couverture peut être l’assurance de rater une publication. Pour bien choisir une couverture, il faut connaître le sujet, mais il faut avoir bien identifié aussi les attentes du public auquel le livre se destine, c’est un peu du marketing ! Nos publications s’adressent en grande partie à des lecteurs passionnés, un public de plus en plus exigeant. Par conséquent, nos livres se doivent d’être de grande qualité, en proposant beaucoup d’informations aux lecteurs. J’ai le sentiment que le beau-livre de photographies ne comportant qu’une faible part de texte, très à la mode il y a quelques années, n’est plus d’actualité. Nos lecteurs réclament désormais un très haut niveau de richesse de l’information dans des publications de ce type et ils ont bien raison !

 

Dans la conjoncture que nous vivons depuis mars 2020 les Français semblent avoir trouvé une certaine appétence pour la lecture, le confirmez-vous et si oui quelle dimension cela a t-il pris au sein des éditions Glénat ?

Cette période a été et reste compliquée à tous les niveaux, notamment en termes d’organisation du travail. Evidemment beaucoup de secteurs ont énormément souffert de la situation comme l’événementiel, le tourisme ou la restauration. Depuis le début de la pandémie, le monde de l’édition a traversé deux périodes distinctes. Le « premier » confinement a vu notre activité quasi-anéantie du jour au lendemain, avec une chute vertigineuse des ventes car les librairies étaient fermées. Or, nos livres pour un public de passionnés se vendent surtout en librairies ! Comme beaucoup d’éditeurs, nous avons alors décidé de réduire notre programme éditorial sur l’année en tablant sur une baisse de 20% à 30% de notre chiffre d’affaires. Mais après la réouverture du réseau libraires, nous avons connu un fort rebond. Le public a alors véritablement retrouvé le chemin de la lecture.  Durant le « second » confinement, les librairies se sont adaptés en développant le «click and collect». Finalement les réassorts de fin d’année ont été très dynamiques et nous avons bien terminé l’année avec une évolution légèrement positive par rapport à 2019. Un retournement miraculeux, honnêtement, nous ne l’espérions pas !

 

Champion incontesté, roi de la pole, Ayrton Senna reste, 25 ans après sa mort, le pilote le plus aimé de la F1 ! Trois fois champion du monde, rival légendaire de son concurrent Alain Prost, le Brésilien Ayrton Senna reste vivant dans la mémoire de ceux qui l’ont vu courir et crée des regrets chez ceux qui ne l’ont pas connu à l’époque. À l’occasion du vingt-cinquième anniversaire du tragique accident survenu à Imola le 1er mai 1994, le moment était venu de redécouvrir ce qu’Ayrton était réellement. Richement illustré par plus de 300 photos, l’ouvrage fait revivre la carrière inimitable du champion. De ses débuts en kart jusqu’au passage en Formule 1, d’abord avec Toleman puis avec Lotus, équipe avec laquelle mûrissent les premières victoires. Mais la consécration définitive d’Ayrton a lieu chez McLaren, trois titres mondiaux entre 1988 et 1993. Son parcours est retracé saison après saison, et son itinéraire personnel se révèle à travers le témoignage de sa sœur, Viviane Senna da Silva Lalli. Accompagné d’anecdotes et de confidences, ce livre cristallise en images l’histoire palpitante d’une vie menée tambour battant. Journaliste italien, Mario Donnini est expert de la course automobile. Rédacteur de l’hebdomadaire Autosprint, il est également l’auteur de nombreux livres sur le monde du sport automobile. Une vie en images (176 pages, format 24.5 x 26.8 cm, façonnage cartonné, prix public TTC France de 35.00 euros, une parution du 10 avril 2019). Tous ces beaux livres récents sont à retrouver sur le site Internet : www.glenat.com.

 

 

Plongeons maintenant un peu dans le passé, quelle a été votre première émotion liée à l’automobile ?

Rien de très original, malheureusement. Comme tous les enfants, j’ai été marqué par la voiture de mon père. J’ai passé mon enfance en Afrique de l’Est et mon père y avait acheté une Peugeot 404. A l’époque c’était une voiture réputée pratiquement increvable grâce aux succès emportés par Peugeot dans le fameux East African Safari. Je me souviens parfaitement de l’odeur de l’intérieur de cette voiture, la forme du tableau de bord, le levier de vitesse à hauteur du volant. Proustien comme souvenir…

 

Quel est votre plus beau souvenir de route au volant, ou pas, d’une voiture et pourquoi ?

Autre époque alors : quand j’étais étudiant en Grande Bretagne, j’avais un ami dont le père possédait une Aston Martin DB4. Une voiture magnifique à bord de laquelle j’ai eu la chance de faire quelques virées entre Londres et Oxford, mais, hélas, jamais au volant ! Je me rappelle le son du moteur : une vraie mélodie mécanique qui provoquait une forte émotion.

 

Aujourd’hui, quel est votre rapport à l’automobile ?

Surtout celui d’éditeur cher Monsieur (NDLR* : sourires) ! Personnellement je n’ai pas de voiture exceptionnelle, je roule à Paris dans une modeste Volkswagen Polo, solution avant tout pragmatique. Mais je reste passionné par le thème de l’automobile et notamment par la période des années 50 et 60. Sans oublier celle des grands carrossiers français et étrangers de l’avant-guerre lesquels ont créé de réels chefs-d’œuvre de design pour Talbot, Delage ou Delahaye entre autres constructeurs de l’époque. Une époque à des années lumières de l’intelligence artificielle et de la conception par ordinateur…

 

Pour terminer, avez-vous ressenti une émotion particulière au volant avec l’une des voitures de votre catalogue éditorial, laquelle et pourquoi ?

Ces émotions sont beaucoup plus nombreuses en tant que passager ou comme éditeur. Ou encore, bien sûr comme lecteur !

 

* NDLR : note de la rédaction.

 

Accroche :

«J’ai passé mon enfance en Afrique de l’Est où mon père avait acheté une Peugeot 404, des voitures à la réputation increvable là-bas grâce à leurs succès dans les rallyes et safaris. C’est un peu proustien, je me souviens parfaitement de l’odeur de l’intérieur de cette voiture», David Kings.

 

 

Nous en reparlerons

 

«Mes Trente Glorieuses» par Anne Gallois

À partir de couvertures de «Paris Match», Anne Gallois raconte la vie d’une famille traditionnelle de province à l’époque des «Trente Glorieuses», mêlant l’intime et le public, le feuilleton familial avec l’histoire politique et sociale de la France. Six sœurs, enfants, adolescentes puis jeunes adultes, plongées dans le bain bouillonnant de ces années mythiques où l’on vit apparaître la télévision, la pilule, les Beatles, les yé-yés où la guerre d’Algérie faisait rage, où mai 68, les hippies, les premiers mouvements féministes révolutionnaient les têtes et les sens. Journaliste indépendante pour la presse écrite (Le Monde, Libération…) puis réalisatrice de documentaires pour la télévision (52 sur la Une – TF1, Strip-tease – France 3). Anne Gallois a également écrit quatre livres, récits et romans aux éditions du Seuil et Fayard (parution le 6 mai 2021, 256 pages, 14 x 21 cm, prix de 18 euros TTC).

www.deboree.com

 

Une automobile emblématique des années 1980

La naissance du groupe Stellantis donne des idées à nombre d’entre nous, comme la re déploiement de la marque Lancia. E-T-A-I revient sur la Lancia Delta, fruit du crayon de Giorgetto Giugiaro qui a connu une grande carrière en compétition. La Lancia Delta, présentée au début des années 1980 sur le marché en pleine expansion des voitures familiales compactes, s’adressait aux automobilistes souhaitant les prestations raffinées d’une voiture de luxe dans une carrosserie moins ostentatoire. Élaborée sur des solutions techniques dignes de la tradition Lancia, la Delta fut couronnée «Voiture de l’année 1980» en Europe. La gamme Delta, développée jusqu’au début des années 1990, intégra des mécaniques plus puissantes, des finitions toujours plus luxueuses et des versions sophistiquées à quatre roues motrices. Longtemps engagée en Championnat du Monde des rallyes, la Delta évolua selon les réglementations des Groupe B et A. Avec près de cinq cent mille voitures produites en douze ans, dont quelques modèles haute couture, uniques ou à quelques dizaines d’exemplaires, la Delta fut une remarquable réussite commerciale, dont vous découvrirez les études et prototypes, les versions de chaque millésime, les séries limitées, leurs publicités, les compétitions, et une revue de la presse internationale. Une auto des plus emblématiques des années 1980 à laquelle l’auteur rend un bel hommage. Jean-Luc Armagnacq, auteur ingénieur curieux de l’histoire des technologies, est passionné par l’industrie automobile des années 1960 à 1990, au cours desquelles les bouleversements économiques ont induit des évolutions majeures pour les constructeurs, avec la nécessité de s’adapter aux nouvelles demandes du marché. Il a déjà publié «Les Renault 20 et 30, La Renault 14, La Renault 18, La Supercinq, La Twingo» et «L’Alfasud» dans la collection «De mon père» («La Lancia Delta de mon père», 120 pages, 280 photos, format 240 x 215 mm, prix de 29.90 euros TTC, parution du 20 janvier 2021).

www.editions-etai.fr

 

La Citroën 2 CV, une histoire devenue légende

Prenons un peu d’avance avec cette sortie à venir pour la prochaine rentrée. De la voiture bon marché à l’icône du style, c’est l’histoire de la Citroën 2 CV. La plus modeste des Citroën est celle qui aura demandé le plus de recherches pour arriver à des solutions techniques bien souvent inédites. Cette histoire à rebondissements est ici contée à travers de nombreux documents d’époque, croquis et photos issues des archives officielles de la marque aux chevrons. À première vue, la 2 CV ne possédait pas grand-chose pour elle, si ce n’est un coût très faible d’achat et d’entretien, une facilité d’usage, un grand volume intérieur… En bref, une voiture parfaitement homogène, en adéquation avec les besoins du début des années 1950. Pourtant il aura fallu attendre plus de 10 ans pour voir circuler cette voiture au cahier des charges bien étonnant. Après l’étonnement du public lors de sa présentation au salon de l’automobile de 1948, l’accueil est très chaleureux et de nombreuses listes d’attente voient le jour pour acquérir le véhicule. Ce dernier devient vite une référence en France et au-delà des frontières comme nous le montrent les auteurs à travers des photographies des voyages et exploits sportifs de la petite Citroën dans le monde entier. Avec beaucoup d’évolutions mais aucune transformation révolutionnaire pendant plus de 40 ans, la 2 CV reste un cas à part dans le monde de l’automobile. Son histoire est intimement liée aux mutations de la société et des mentalités des «Trente Glorieuses». Cette figure iconique continue de sillonner les routes de France, de l’Europe et du monde grâce à des clubs de passionnés. Certains ont accepté de témoigner de l’amour qu’ils portent à leur «Deudeuche» dans les pages de cet ouvrage. Ils rappellent aux lecteurs que la 2 CV – et ses déclinaisons comme la Charleston, la Dyane, la Méhari ou l’Ami-6 – représentent un art de vivre à la française (sortie en septembre 2021, Peter Kurze et Ulrich Knaack auteurs, beau livre cartonné 23.5 x 30.8 cm, 160 pages pour 35.00 euros).

www.glenat.com

 

Source : éditeurs par Philippe Colombet

 

Source : Philippe Colombet

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