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Le goût pour le Klaxon, une question de génération

#France - #Klaxon - #Sociologie

D’après une étude réalisée par Identicar, club automobile qui compte une communauté de près d’un million de membres actifs, le recours à l’avertisseur sonore augmente de manière exponentielle avec l’âge, ce qui est peu sembler surprenant. Pour mémoire, en ville comme de nuit, recourir au klaxon est interdit sauf en cas de danger immédiat. Hors agglomération, le cornet permet de prévenir les autres usagers de la route en cas de risque imminent. L’étude a été menée du 30 avril au 12 mai 2019 auprès de 20 366 membres du club.

Quelque 16 % des personnes interrogées âgées de 18 à 39 ans avouent avoir « une conduite sonore », contre 19 % chez les 40-55 ans, 23 % chez les 56-69 ans et 26 % chez les 70 ans et plus.

Il ressort donc de cette étude qu’il existe une « génération klaxon », constituée des gens nés après-guerre, qui se sont initiés à la route sur la Ford ou la Lada familiale dans les années 1960 et 70. « Ils ont appris à conduire en appuyant sur l’avertisseur. A l’époque, les moniteurs d’auto-école enseignaient que, dans le doute, on donnait un petit coup par courtoisie pour prévenir les autres usagers », rappelle Maître Jean-Baptiste Iosca, avocat spécialisé dans le droit routier, cité par Le Parisien.

Pour Jean-Yves Ferron, qui a enseigné la conduite pendant 40 ans, les conducteurs plus expérimentés ont aussi « l’avertisseur moralisateur » : « C’est un défaut d’automobiliste âgé, ils ont tendance à considérer que tous les autres sont des délinquants à qui il faudrait apprendre les bonnes manières ».

Toutefois, « l’époque a changé, le son du klaxon est de plus en plus vécu comme une agression, sinon on utilise les appels de phares », estime le sociologue Ronan Chastelier, ajoutant que le politiquement correct incite aujourd’hui à une conduite plus discrète. Par ailleurs, si hommes et femmes semblent faire autant appel à leur klaxon, « son usage est probablement différent selon le genre ». Plus défensif chez les conductrices qui l’utilisent pour éviter qu’on leur fonce dessus, tandis que les conducteurs, eux, ont tendance à jouer de l’avertisseur sonore pour montrer les muscles, souligne le sociologue.

Source : PARISIEN