triangle orange
Antibrouillard Télécharger le PDF
Icone
triangle bleu
Les ateliers du CCFA

L’automobile a-t-elle un sexe ?

#Automobile - #evenement - #Femmes - #hotesses - #Salon

L’automobile a-t-elle un sexe ? Nous disons “la” voiture ou “le” 4×4. Faut-il y voir quelque chose ?

L’automobile véhicule beaucoup de fantasmes et de lieux communs, souvent très caricaturaux. Il y a deux ou trois ans seulement, il suffisait de se promener dans les allées du Mondial pour constater que la femme avait encore une grande place dans l’automobile, ou au moins juste à côté, aucun modèle n’étant présenté sans son hôtesse. Les choses ont un peu évolué depuis quelques années, il faut le reconnaître. Les “hôtesses” sont toujours présentes, mais elles sont souvent plus “couvertes”. Il est également amusant de constater que pour traiter de ce vaste sujet, les femmes sont aujourd’hui plus nombreuses que les hommes.

Il y aurait un rapport féminin particulier à l’automobile. L’homme et la femme n’attendraient pas la même chose d’une voiture. Si l’on en croit les emplois du temps chargés des mères de famille, l’automobile doit être polyvalente. Sur le plan professionnel, le monde de l’automobile est technique et marqué par une forte masculinité. Il n’est évidemment pas le seul dans ce cas. Néanmoins, comment changer cela ? Le terme automobile semble être transsexuel. A l’origine, il était masculin, puis l’usage s’est stabilisé autour d’ “une” automobile.

Le vocabulaire renvoie souvent à la femme : nous disons “la” voiture, “la” caisse, “la” tire ou “la” bagnole. En revanche, nous disons “le” 4×4. Le vocabulaire automobile est très marqué sur le clivage de genre. D’où viennent ces différences de genre ? Sont-elles spécifiques à l’automobile ? Sont-elles liées au moteur, au carburant ou au rapport à la puissance, ou l’automobile n’est-elle qu’un monde technique parmi d’autres, dans lequel les relations de genre sont inégales ? Est-ce la technique qui révèle les différences, ou les genres ont-il un rapport différent à la technique ?

En tout cas, les différences amènent rapidement aux inégalités. La part des femmes dans le monde professionnel en est un élément. Les hôtesses présentes dans les allées du Mondial sont peut-être l’héritage de ces inégalités dans le rapport à l’automobile. Quel est le rôle des constructeurs dans ces inégalités ? Leurs publicités, très souvent marquées par le genre, ne les auraient-elles pas renforcées ? Les constructeurs ne voient peut-être pas suffisamment que les femmes sont décisives dans l’achat d’une automobile, à moins que ce ne soit le contexte général qui est favorable à l’inégalité hommes-femmes.

Finalement, la question de genre est-elle le clivage le plus pertinent ? D’autres clivages – sociaux, territoriaux ou générationnels – ne se combinent-ils pas avec la question du genre ?