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L’Algérie développe sa sous-traitance automobile pour accompagner le développement de son industrie automobile

#Algérie - #BASTP - #CKD-SKD - #made in Algeria - #véhicules particuliers neufs

Entre 2012 et 2016, le nombre de véhicules particuliers neufs importés en Algérie est passé de 605 000 à 98 374, conséquence de la réduction draconienne du nombre de licences accordées aux concessionnaires locaux.

Pour 2017, le gouvernement avait fixé le quota d’importation entre 40 000 et 50 000, et aucune licence ni aucun quota n’avait été donné pour 2018. Entre le premier semestre de 2016 et le premier semestre de 2017, la valeur totale des voitures importées par les concessionnaires a chuté de 71 %.

bourse d’alger photo:Bensalem.B/APP

Cette chute des importations par les concessionnaires a été partiellement compensée par le doublement du nombre de véhicules importés par les particuliers. Le marché automobile algérien n’en est pas moins resté en situation de pénurie, à tel point que la levée de l’interdiction d’importer des véhicules d’occasion de moins de trois ans, en place depuis 2005, a été évoquée à un moment, avant que le gouvernement n’écarte cette idée.

Afin d’encourager la production sur le territoire national, le gouvernement ne s’est pas contenté de poser des obstacles aux importations. Il s’est également fait fort d’attirer les constructeurs étrangers en leur octroyant des avantages fiscaux et en leur garantissant des parts de marché.

A l’automne 2012, Renault a signé un protocole d’accord avec le gouvernement algérien implanter un site de production dans la wilaya (collectivité publique territoriale) d’Oran.

Cet accord a marqué le lancement d’une politique volontariste visant à relancer un secteur automobile considéré comme stratégique par le pays. Depuis, la Symbol, première voiture « made in Algeria », a vu le jour sur les lignes d’assemblage de l’usine d’Oued Tlélat (à 27 kilomètres au sud-est d’Oran).

Afin de renforcer les capacités de l’industrie automobile algérienne et de ses sous-traitants, le gouvernement veut maintenant augmenter le taux d’intégration, c’est-à-dire la part de l’assemblage ayant lieu directement en Algérie. L’un des enjeux était de diminuer la part des importations de kits prémontés (SKD pour Semi Knocked Down) au profit de nécessaires pièces détachées (CKD pour Complete Knocked Down) qui seraient assemblées sur place. De ce point de vue, le mélange de pressions et d’incitations gouvernementales a contribué à la hausse des importations de CKD au cours de l’année écoulée, pour un montant de 540 millions de dollars au 1er semestre de 2017, contre 268 millions de dollars au même semestre de 2016. Les chiffres indiquent donc que la politique volontariste du gouvernement a permis de développer une capacité de production locale certes limitée, mais réelle, et l’implantation effective de lignes de montage algériennes.

Chaâbane Abderezak, conseiller technique auprès du la BASTP (Bourse Algérienne de Sous-traitance et de Partenariat), a récemment déclaré à l’agence de presse algérienne APS que les constructeurs d’automobiles installés en Algérie avaient commencé à faire appel à des sous-traitants algériens pour la fourniture de composants tels que les batteries, les pare-brise et les tuyaux d’échappement, expliquant que le processus des négociations passait par plusieurs étapes avant de parvenir à la signature de contrats.

La facture d’importation des collections CKD-SKD destinées à l’industrie de montage des véhicules de tourisme et ceux de transport de personnes et de marchandises a atteint 220,13 millions de dollars en janvier 2019, contre 226,89 millions de dollars en janvier 2018, soit une baisse de près de 7 millions de dollars (- 3 %), a appris l’APS auprès du Centre national des transmissions et du système d’information des Douanes.

Concernant les véhicules de tourisme, les importations des CKD-SKD ont baissé à 147,17 millions de dollars en janvier 2019, contre 203,86 millions au même mois de 2018, en baisse de 27,8 %. En revanche, les importations des véhicules de transport de personnes et de marchandises (produits finis) et de collections CKD-SKD destinées à ce type de véhicules ont grimpé à 72,96 millions de dollars, contre 23,03 millions, en hausse de près de 50 millions de dollars correspondant à une augmentation de près de 217%.

 

Par ailleurs, les importations des parties et accessoires des véhicules automobiles (pièces détachées pour les véhicules d’occasion, etc.) ont augmenté à 34,73 millions de dollars, contre 24,5 millions (+ 41,8 %). En outre, les importations des pneumatiques neufs en caoutchouc ont également connu une tendance haussière pour un montant de 18,1 millions de dollars en janvier 2019, contre 5,18 millions en janvier 2018 (+ 49,4 %).

A noter que la facture globale d’importation des collections CKD destinées à l’industrie de montage des véhicules (de tourisme et utilitaires) et l’importation des véhicules de Transport de Personnes et de Marchandises (produits finis) s’est chiffrée à plus de 3,73 milliards de dollars en Algérie en 2018, contre 2,2 milliards en 2017, en hausse de 70 %. L’industrie de montage local de véhicules a produit l’an dernier 180 000 véhicules de tourisme (contre 110 000 en 2017) et 4 500 véhicules industriels.

Source : Autoalgerie.com