triangle orange
Antibrouillard Télécharger le PDF
Icone
triangle bleu
Les ateliers du CCFA

Le patrimoine automobile français : enfin la reconnaissance ?

#collection - #iles seguin - #Industrie automobile - #Journées du Patrimoine - #Musée - #patrimoine - #Renault - #VÉHICULES DE COLLECTION

La France est le plus ancien des pays de l’automobile et la valorisation de cette richesse se heurte trop souvent aux préjugés contemporains sur l’automobile

Le patrimoine automobile en France, malgré les efforts accomplis, représente un maillon faible, voire le chaînon manquant de la préservation de l’automobilisme. Rappelons d’abord que cette culture patrimoniale est une culture de “coups”. En dehors du grand public, très difficile à atteindre, il existe des “niches” indiscutables de passionnés.

Il faut aujourd’hui nourrir une ambition supplémentaire : retremper ce que l’automobilisme fut tout au long du XXème siècle dans une lecture plus positive que celle qui prévaut aujourd’hui. Cette politique patrimoniale n’a pas l’ampleur de celle qu’elle peut prendre sous d’autres cieux, y compris dans des pays qui n’ont pas inventé l’automobile comme les Etats-Unis. Lorsqu’une automobile est exposée comme objet patrimonial en soi au MOMA (Museum of Modern Art de New York) au lendemain de la seconde Guerre mondiale, nous devons reconnaître qu’un pas a été franchi alors qu’il ne l’a pas été en Europe et singulièrement en France. Nous avons peut-être le plus beau musée du monde à Mulhouse et des associations de passionnés. La fédération de ces efforts vers le grand public n’émerge pas, car nous manquons d’un chaînon. Les grands constructeurs français ont une responsabilité dans ce constat. Encore une fois, le modèle allemand (cité en exemple par d’autres ateliers sous l’angle du coût de travail, de la productivité ou des modèles produits) peut être cité. Dans une seule ville (Stuttgart), le musée de la marque Mercedes attire 500 000 visiteurs, 200 000 visiteurs annuels pour le musée de Mulhouse. Or le musée Daimler n’est qu’un exemple parmi d’autres outre-Rhin : nous pourrions citer Autostadt pour Volkswagen ou encore le musée de Porsche à Stuttgart également.

Cette déconnexion perceptible en France est douloureusement illustrée par ce qu’il reste de la prestigieuse régie Renault, devenue entreprise Renault, sur l’île Séguin. Ce pavillon patrimonial ne donne guère satisfaction. Rappelons qu’il a existé sur l’île Seguin une tradition ouvrière, industrielle et sociale qui mériterait d’être mieux valorisée. Renault est aujourd’hui une firme mondialisée dont le Président, Carlos Ghosn, a lui-même estimé que la France pouvait ne constituer qu’une base historique et ancienne de la marque.

La chaîne est rompue. Comment ne pas accuser un déficit de reconnaissance si l’on ne réfléchit plus sur ce qui forme l’épaisseur culturelle, sociale et politique de l’automobilisme ?

Comment peut-il être reconnu en termes de marché économique (notamment du point de vue du marché de l’art mais pas seulement) ? Ne concerne-t-il pas aussi les bords de route et la civilisation de l’automobilisme, c’est-à-dire tout ce qui permet à l’automobile d’avoir constitué un système cohérent doté “d’externalités positives”, lesquelles pourraient peut-être excéder les externalités négatives souvent pointées du doigt (accidents, pollution, etc.) ? Quel est l’état du marché des voitures de collection en France ? Quelles sont les actions menées ponctuellement pour rendre plus populaire l’automobile de collection ?

Source : ARCHIVES ATELIERS DU CCFA