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Israël devient le dernier haut-lieu de la technologie automobile

#Innovation - #Mobilité - #technologies

Au moment où General Motors éliminait des marques, supprimait des emplois et fermait des usines il y a une dizaine d’années, ses hauts dirigeants misaient sur un endroit peu connu du monde automobile qui a aujourd’hui le vent en poupe.

Le constructeur américain a ouvert un centre technique dans la ville côtière israélienne d’Herzliya en 2008, un an avant qu’il ne se réorganise sous le régime des faillites. Il était alors le premier grand constructeur à prendre pied dans un pays qui est devenu une oasis pour les start-ups dans le secteur de la mobilité, au même niveau que la Silicon Valley.

Depuis GM, des dizaines de constructeurs et de fournisseurs de premier rang – parmi lesquels BMW, Hyundai, Bosch et Lear – ont ouvert à leur tour des centres en Israël afin de profiter des talents dans ce pays. Ford, qui a acquis en 2016 SAIPS, une entreprise israélienne spécialisée dans la vision par ordinateur, a inauguré son propre centre de R&D à Tel Aviv.

Le président du constructeur de Dearborn, Bill Ford, s’est dit impressionné par la capacité d’Israël à innover pour surmonter des obstacles, qu’il s’agisse de la création de systèmes d’irrigation uniques dans un climat désertique ou de l’adoption de pratiques militaires de pointe du fait des tensions permanentes dans la région.

L’enrôlement quasi-systématique dans les Forces armées israéliennes a instillé un sentiment de maturité et de leadership chez les entrepreneurs israéliens, et de nombreuses technologies autonomes, des systèmes de cybersécurité aux radars et lidars, ont leurs racines dans des applications militaires. L’absence historique de ressources naturelles en Israël et la croyance que les Israéliens peuvent relever les défis en créant quelque chose où rien n’existe encouragent la prise de risque. « Nous courons après l’impossible. C’est comme ça que nous sommes éduqués depuis l’enfance », indique Gil Golan, directeur du Centre technique avancé de General Motors.

Alors que le pays produit des talents dans de multiples domaines, l’industrie automobile est devenue un acteur majeur ces dernières années. Depuis 2013, environ 6 milliards de dollars ont été investis dans des start-ups de hautes technologies pour la mobilité, selon les données d’EcoMotion, une organisation à but non lucratif qui a lancé cette année-là une conférence annuelle sur la mobilité à Tel Aviv. Depuis, le nombre de start-ups spécialisées dans la mobilité est passé de 87 à 644, indiquent les organisateurs. Elles représentent environ 10 % des start-ups du pays.

Avoir une implantation dans la région avant de nombreux concurrents a aidé General Motors à attirer des talents et à les conserver. Le site du constructeur emploie maintenant environ 350 personnes, principalement des informaticiens et des ingénieurs en électricité. Il est situé à proximité des bureaux d’Apple, d’Amazon et de Microsoft, qui recherchent tous les mêmes talents, indique M. Golan.

Les collaborateurs de GM en Israël travaillent sur les capteurs et sont directement responsables de nombreuses innovations dans les véhicules d’aujourd’hui, comme une carte sur l’application myChevrolet qui permet aux utilisateurs de la Bolt électrique de savoir combien de kilomètres ils peuvent parcourir et où ils peuvent trouver des bornes de recharge.

Ford espère connaître le même succès que General Motors. Il est allé chercher des talents en Israël ces dix dernières années, mais s’engage désormais dans le pays avec un centre de recherche. « Nous devons ratisser aussi large que possible pour atteindre les innovateurs où ils se trouvent. Israël est un tel haut lieu de l’innovation actuellement. Nous devons rester très près de l’écosystème qui est développé ici », a déclaré Bill Ford, qui a effectué sa première visite en Israël pour inaugurer le nouveau site de l’entreprise. Situé à côté des bureaux de SAIPS, le centre de recherche israélien de Ford travaillera sur la surveillance de l’habitacle, les capteurs, les mises à jour sans fil, la cybersécurité et la technologie autonome. Il travaillera en étroite coopération avec d’autres sites du constructeur dans le monde et emploiera au départ une dizaine de personnes. Ses effectifs devraient toutefois augmenter rapidement, comme cela a été le cas avec le centre de Palo Alto, en Californie, que Ford a ouvert en 2015 et qui emploie aujourd’hui 250 personnes.

Le problème des embouteillages, le transport médical, la maintenance des véhicules et l’élimination du bruit figuraient parmi les thèmes abordés à la conférence 2019 d’Ecomotion, qui s’est tenue en juin et a attiré 4 000 personnes. Bill Ford, des dirigeants du gouvernement, un directeur de l’entreprise de trottinettes Bird et l’ancien directeur général de Ford, Mark Fields, étaient au nombre des intervenants. Pour la première fois, le salon de l’automobile de Detroit avait envoyé un représentant dans le cadre d’une délégation de l’Etat du Michigan pour explorer des possibilités de partenariats. « Je ne suis pas prophète. Je ne peux pas vous dire quand les véhicules autonomes circuleront, mais ce que je peux vous dire c’est que chaque véhicule autonome embarquera de la technologie israélienne », a déclaré Orlie Dahan, directeur d’EcoMotion, à la conférence.

Source : AUTOMOTIVE NEWS