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Impact du Covid-19 sur l’industrie automobile brésilienne : entre ralentissement et accélération des tendances existantes

Zoom #analyse - #Brésil - #COVID-19 - #Industrie automobile - #Marché

Frédéric Donier et Jean-Philippe Thery, consultants chez Crescendo Consultoria à Sao Paulo, nous livrent une analyse sectorielle sur l’industrie automobile brésilienne. Comment le secteur a-t-il été touché par la pandémie de Covid-19 ? Quelles sont les perspectives et les tendances pour l’avenir ?

 

En 2012, le Brésil était le quatrième plus grand marché de voitures neuves au monde, avec un peu plus de 3,6 millions d’immatriculations, et les analystes estimaient alors qu’il atteindrait assez rapidement les 5 millions d’unités. Le marché a toutefois commencé à décliner lentement l’année suivante, avant de s’effondrer en 2015 et 2016, à moins de 2 millions d’unités, soit une baisse de 45 % sur la période.

La lente reprise amorcée depuis, avec un peu plus de 2,6 millions d’immatriculations en 2019, devait conduire à un retour à 3 millions d’unités en 2020, scénario brutalement interrompu par la crise sanitaire du Covid-19.

Non seulement les effets profonds de la crise actuelle pourraient s’installer sur une période relativement longue, mais ils pourraient également accélérer un certain nombre de changements qui étaient déjà plus ou moins en cours, concernant la façon dont les consommateurs choisissent, achètent et utilisent leurs voitures au Brésil.

La crise induite par l’épidémie de Covid-19 frappe durement le marché brésilien des voitures neuves. Les immatriculations ont baissé de 76 % en avril et mai par rapport aux mêmes mois de l’année dernière, à respectivement 51 400 et 56 600 unités, en raison de la suspension de l’activité chez les concessionnaires.

Parallèlement, la production a été arrêtée, avec la fermeture des 34 usines de montage que compte le pays, sans oublier de nombreux fournisseurs et sous-traitants. En outre, de nombreuses entreprises de services liés à l’automobile ont été impactées, comme les sociétés de location de voitures de courte durée, dont l’activité a chuté de 95 % dans certaines zones, ou celles d’autopartage, que 7 clients sur 10 ont cessé d’utiliser depuis le début de la crise.

Pour éviter autant que possible les licenciements, les entreprises du secteur ont dû s’adapter et recourir à des programmes de chômage technique, aux vacances obligatoires, et au telétravail. Au total, pas moins de 370 000 personnes ont ainsi été renvoyées chez elles par les constructeurs et les équipementiers depuis la dernière semaine de mars. Le coût de la fermeture de ces usines est particulièrement difficile à évaluer, pour un secteur qui représente 18 % du PIB industriel et dans lequel les 7 000 entreprises emploient 1,2 million de personnes. Pablo de Si, directeur général de Volkswagen Latam (Amérique latine), évalue ce coût à l’équivalent de 3 ans d’investissements.

À l’heure actuelle, un certain nombre d’usines (BMW, Fiat, GM, Renault et Pirelli entre autres), ont déjà repris leur activité, alors que Ford, Honda, Hyundai et Nissan se préparent à le faire, et de nombreux concessionnaires rouvrent. Mais l’incertitude règne quant à savoir si les consommateurs vont retourner chez les concessionnaires, alors même que le stock de véhicules neufs atteint 237 000 unités selon l’Anfavea (Association des constructeurs au Brésil).

En outre, l’Anfavea ne s’attend pas à une reprise significative de l’activité avant septembre, tout comme Antonio Filosa, président de FCA pour l’Amérique latine, qui mentionne des études internes montrant un deuxième trimestre de 70 % inférieur à son équivalent de l’année précédente, un troisième trimestre à – 50 % et le quatrième à – 20 %, pour un résultat consolidé sur l’année à – 40 %. L’Anfavea estime qu’au moins 1,1 million de ventes seront perdues cette année par rapport à 2019, et 1,3 million par rapport aux prévisions, des chiffres jamais vus auparavant, même lors des crises précédentes, lorsque le marché avait chuté de 20-25 %. Tous les analystes et principaux acteurs de l’industrie auto estiment que les volumes de 2019 ne seront de nouveau atteints qu’en 2022 ou 2023.

Au-delà des chiffres, on peut se demander dans quelle mesure la crise actuelle peut avoir un impact sur le comportement du consommateur, qu’il s’agisse du choix du modèle souhaité que de la manière dont l’automobiliste utilisera son véhicule. En termes de demande, il est probable que, dans une période de transition, un certain nombre de consommateurs privilégieront les modèles moins chers proposés par les quatre grands groupes “traditionnels” installés au Brésil, à savoir Chevrolet, Fiat, Ford et VW, ainsi que par les deux “derniers arrivés”, Hyundai et Renault. Mais ce nouveau contexte pourrait aussi rediriger les acheteurs potentiels de voitures neuves vers le marché de l’occasion, augmentant le ratio actuel de 4,1 voitures d’occasion pour une neuve observé en 2019, comme cela se produit généralement en temps de crise (en 2016, ce ratio était de 5 pour 1).

Enfin, il convient de noter que la part croissante des SUV (véhicules utilitaires sport) au Brésil ces dernières années, ne devrait pas être affectée. Cette catégorie, qui représente désormais 25 % des volumes (contre 12 % en 2015), devrait même encore progresser.

Par ailleurs, c’est l’utilisation même de la voiture qui pourrait être impactée. Et de ce point de vue, les craintes liées à la contamination et les nouvelles habitudes adoptées par ceux qui étaient confinés pourraient ramener un certain nombre d’utilisateurs vers la voiture, et la sécurité que son habitacle procure à ses occupants.

Mais l’impact à long terme le plus significatif de la crise du coronavirus sur le commerce automobile pourrait concerner la manière dont les voitures seront acquises. Nous devrions observer une augmentation des ventes en ligne et une forte croissance du marché de la location à long terme.

Internet fait partie du parcours d’achat des clients depuis les années 2000, offrant informations et possibilité de comparer les offres sans avoir à faire la tournée des concessionnaires. Le commerce électronique a considérablement augmenté depuis le début de l’épidémie au Brésil, avec des chiffres vertigineux pour des produits et services spécifiques (+ 434 % pour les jouets, + 270 % pour les livraisons en supermarché, + 53 % pour les jeux en ligne sur la seconde quinzaine de mars).

Ce contexte a incité certains fabricants à s’adapter et à proposer de nouvelles solutions. Renault est celui qui a est allé le plus loin dans cette voie, profitant du dispositif mis en place en 2018 pour le lancement son modèle d’entrée de gamme, Kwid. Il a étendu la possibilité d’acheter une voiture « intégralement » en ligne à l’ensemble de sa gamme. La plateforme Renault intègre ainsi le paiement et le financement en ligne ainsi que le processus de reprise de l’ancien véhicule, le cas échéant.

Une autre tendance, bien engagée depuis plusieurs années, pourrait également s’accélérer dans le sillage de la crise épidémique. En effet, un certain nombre d’entreprises recourent de plus en plus à la location de longue durée pour leurs flottes de véhicules. Chez les particuliers, la même tendance devrait être observée. Ce type de contrat permet non seulement d’avoir une voiture pour de faibles mensualités, mais également de s’affranchir de nombreuses démarches administratives grâce aux “tout inclus”.

Bien que gravement touché par la crise du Covid-19, le marché brésilien conserve un potentiel de croissance important, et devrait donc revenir, dans quelques années, au niveau qu’il a connu en 2019 et même au-delà. Le désir de posséder une voiture est toujours très fort au Brésil, comme le montre une étude récente de l’Anfavea, dont 70 % des répondants, y compris les plus jeunes, ont exprimé leur souhait d’en acquérir une à l’avenir.

Source : CRESCENDO CONSULTORIA

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