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Hyundai Motor Group se transforme pour devenir un fournisseur de solutions pour la mobilité du futur

#Hyundai Motor Group - #Mobilité - #Stratégie

Le géant automobile coréen Hyundai Motor Group veut devenir un fournisseur de services de mobilité, sous la houlette de son vice-président, Chung Eiu-sun, appelé à succéder à son père Chung Mong-koo à la tête du groupe.

Le « jeune » Chung mène une vaste offensive pour transformer le groupe coréen, qui se concentrait sur la fabrication de véhicules, en un leader dans les véhicules du futur et les technologies associées.

Hyundai Motor Group a promu M. Chung au deuxième poste le plus élevé en septembre 2018, sur fond de montée du protectionnisme dans de grands marchés à l’exportation, tels que les Etats-Unis et la Chine, et d’intensification de la concurrence. « Le président Chung a mis l’accent sur l’amélioration de la qualité des véhicules pour améliorer la notoriété de la marque Hyundai sur les marchés mondiaux. Mais le vice-président s’est également intéressé aux technologies de mobilité dans lesquelles il voit un moteur de croissance future pour l’entreprise », a expliqué un dirigeant de l’entreprise.

Ainsi, Hyundai Motor, en qualité de « pionnier dans les voitures à hydrogène », a investi massivement dans le développement de véhicules à pile à combustible. Le constructeur a annoncé en décembre dernier qu’il investirait 7 600 milliards de wons (5,8 milliards d’euros) pour le développement et la production de voitures à hydrogène d’ici à 2030. Le plan prévoit l’implantation de deux usines pour fabriquer 500 000 véhicules à hydrogène à cet horizon. A la fin juillet, Hyundai avait vendu quelque 2 400 Nexo utilisant ce carburant dans le monde.

Au mois d’avril, Hyundai a créé une coentreprise avec le fournisseur suisse d’hydrogène H2E en vue de vendre des camions à hydrogène en Europe.

L’offensive de Hyundai dans l’hydrogène est en ligne avec celle du gouvernement coréen pour augmenter le nombre de voitures et d’utilitaires à émission zéro et mettre en place l’infrastructure pour alimenter ces véhicules au cours de la prochaine décennie.

Dans d’autres secteurs, Hyundai a investi 78 milliards de wons (59 millions d’euros) au premier semestre dans des start-ups étrangères qui ont des technologies avancées dans les véhicules autonomes et l’intelligence artificielle.  Dernièrement, le constructeur a pris une participation de 20 % dans Ionity, une coentreprise créée en 2017 par BMW, Ford, Mercedes et Volkswagen pour établir un réseau de recharge pour leurs véhicules électriques dans les pays européens. Ionity est en passe de devenir le principal réseau de recharge rapide pour ces véhicules en Europe.

L’an dernier, Hyundai et sa société sœur Kia ont investi ensemble 275 millions de dollars dans Grab, une société de VTC en Asie du Sud-Est, en vue de renforcer leur présence dans cette région en lui fournissant des véhicules pour sa flotte. Grab est l’une des plateformes les plus fréquemment utilisées en Asie du Sud-est. « Hyundai a des technologies de pointe dans les véhicules électriques et nous sommes très heureux de travailler avec eux sur ce que nous pensons être la mobilité durable pour les consommateurs en Asie du Sud-Est », avait déclaré Ming Maa, le patron de Grab, à Yonhap l’an dernier.

Hyundai et Kia ne sont pas les seules divisions du groupe automobile coréen impliquées dans son offensive dans la mobilité.

Hyundai Mobis, le premier équipementier coréen, prévoit aussi d’investir 4 000 milliards de wons (3,06 milliards d’euros) au cours des trois prochaines années pour fabriquer des composants pour les véhicules de demain.

Outre ses efforts dans la mobilité du futur, Hyundai a continué à placer des talents étrangers à des postes de décision clés en recrutant des dizaines de stylistes et ingénieurs spécialistes des voitures de luxe et à hautes performances.

Cette offensive a débuté en 2006 lorsque Kia a recruté Peter Schreyer, un ancien designer de BMW, en vue d’améliorer le style et les performances de ses véhicules. Des dizaines d’étrangers ont depuis rejoint le groupe automobile coréen. Parmi eux figurent l’ancien responsable du style de Bentley, Luc Donckerwolke, qui est en charge du style des véhicules chez Hyundai et Kia, Thomas Schemera, qui a dirigé la division M de BMW, et l’ancien développeur de voitures musclées de BMW Albert Biermann, qui est responsable du développement des véhicules de luxe du groupe. M. Biermann a été le premier étranger à avoir été nommé à la tête de la division de R&D du groupe coréen. En mars cette année, il a en outre été nommé à son conseil d’administration.

Au premier semestre, Hyundai a vu son bénéfice net augmenter de 27 %, à 1 950 milliards de wons (1,47 milliard d’euros), grâce à la faiblesse du won face au dollar et à des ventes robustes de tout-terrain de loisir.

Hyundai et Kia se sont fixé comme objectif de vendre 7,6 millions de véhicules dans le monde cette année, après en avoir écoulé 7,39 millions (- 2 %).

Le groupe automobile coréen a quelques défis à relever. Ses ventes en Chine, le premier marché mondial, ne repartent pas à la hausse alors que la guerre commerciale entre ce pays et les Etats-Unis continue. Il doit aussi élaborer un plan pour améliorer sa structure compliquée de participations croisées pour satisfaire les actionnaires étrangers.

Source : YONHAP (18/9/19)