triangle orange
Antibrouillard Télécharger le PDF
Icone
triangle bleu
Culture vroum

Balcarce : un musée pour Juan Manuel Fangio au bout du monde

#Automobile/Sport automobile - #Juan Manuel Fangio - #Musée

Dans un pays ou le football et les voitures évoluent dans la même division, Juan Manuel Fangio (1911-1995) est une véritable légende nationale

Le Maestro est né à Balcarce, au sud-est de la Province de Buenos Aires. Pour lui rendre hommage, la ville a décidé de lui consacrer un musée, bâtit sur l’ancien Hôtel de Ville de la Place de la Libertad.

 

 

Inauguré le 22 novembre 1986, ce véritable lieu de pèlerinage pour les aficionados s’étend sur 7 000 mètres carrés et 6 étages. Il présente aujourd’hui 52 véhicules et quelque 2 000 trophées, exposés le long d’une allée en spirale qui imite une route. C’est un peu un résumé de la prolifique histoire argentine du sport automobile. 

 

 

 

 

 

 

Mais on y trouve également une F1 de Pedro de la Rosa et des gants de Carlos Sainz, ainsi que des trophées d’hommes au parcours plus modeste, tels que les frères Galvez. Le musée est en outre doté d’une très complète bibliothèque spécialisée, ouverte au public, et accueille une exposition de photos permanente.

 

 

 

 

 

Cinq fois champion du monde de Formule 1 (1951, 1954, 1955, 1956 et 1957), Juan Manuel Fangio a dominé la discipline reine du sport automobile dans les années 1950. Grâce à ses exploits et à son pourcentage unique de victoires sur Grands Prix disputés (24 victoires sur 51 Grands Prix, record absolu), nombreux sont ceux qui le considèrent comme le plus grand pilote de l’histoire. Son record de quintuple champion du monde a tenu jusqu’au début des années 2000, où il a été dépassé par Michael Schumacher (7 titres), avant d’être égalé en 2018 par Lewis Hamilton.

Mais c’est dans un tout autre registre que Juan Manuel Fangio a fait reparler de lui récemment. Ainsi, le 7 août 2015, son corps est exhumé dans le but de faire des tests ADN. La procédure, ordonnée par un juge de Mar del Plata, fait suite à deux actions en justice, l’une lancée en 2013 par Oscar Espinosa, et l’autre en 2005, par Ruben Vazquez, qui demandent tous les deux une reconnaissance de paternité. Les échantillons génétiques vont leur donner raison. Bien qu’il ait entretenu une longue relation avec Andrea Berruet, Le Maestro n’a jamais reconnu d’enfant. En décembre 2015, la cour de justice chargée du dossier confirme qu’Oscar Espinoza est bien le fils de Fangio, et, en février 2016, il est également confirmé que Rubén Vázquez l’est aussi.

Autre singularité de Juan Manuel Fangio : malgré son palmarès et son talent, il a couru pendant toute sa carrière sans avoir le permis de conduire. Il ne l’a obtenu qu’en 1961, plusieurs années après sa retraite.

“Je le vis pour la première fois au printemps 1949 sur l’autodrome de Modène. Il y avait d’autres pilotes mais je finis par garder les yeux sur lui. Il avait un style insolite : il était le seul à sortir des virages sans raser les bottes de paille à l’extérieur. Je me disais : cet Argentin est vraiment fort, il sort comme un bolide et reste au beau milieu de la piste !! Quant à l’homme, je ne parvins jamais à le cerner vraiment. Juan Manuel Fangio est resté pour moi un personnage indéchiffrable”.  Enzo Ferrari

Juan Manuel Fangio est mort dans son lit le 18 juillet 1995 d’une crise cardiaque liée à une pneumonie, à l’âge de 84 ans. Trois jours de deuil national furent décrétés en Argentine, c’est dire si l’aura du champion dépassait le cadre sportif.

Source : EL MUNDO (16/4/19)