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France

Une entreprise lilloise présente un procédé de « moulage linéaire automatisé » révolutionnaire

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Alléger de 20 % à 30 % le poids des voitures sans revenir sur les progrès en matière de sécurité paraît possible à court terme grâce au progrès technologique réalisé par une entreprise lilloise dans l’impression en 3D de pièces en composite. Présenté « en avant-première mondiale » le 25 juin à la Chambre régionale de commerce et d’industrie de Lille, le procédé de « moulage linéaire automatisé » de la société Mäder, fabricant de résines, composites et peintures spéciales, en est encore à un stade pré-industriel. Mais avec la collaboration au projet pendant les trois ans à venir de Faurecia, il pourrait déboucher entre 2017 et 2020 sur une production de masse de pièces dites de structure, comme les planchers d’automobile, en matières composites (fibres de verre, de carbone, polymères, époxy). A condition que la méthode s’avère compétitive en termes économique et technique face à l’acier et à l’aluminium aujourd’hui utilisés, a souligné Abla Steinmetz, du pôle recherche de l’équipementier.

L’enjeu est d’importance, car le poids de la voiture française moyenne est passé de 758 kg en 1961 à 1 266 kg en 2011, a-t-il été rappelé lors de la table ronde de la CCI, intitulée « la voiture du futur à 2 litres aux 100 km », en référence au projet lancé par le gouvernement. Or, pour atteindre la norme de 95 g de CO2/ km fixée à l’horizon 2020 par l’Union européenne, une diminution de 20 % au moins (250 kg) du poids des véhicules est nécessaire.

Le procédé « révolutionnaire » mis au point par Mäder paraît simple : une plaque de fibres tartinée de résine est « insolée » par des LED ultra-violet et ressort au bout de quelques dizaines de secondes totalement rigidifiée, avec des performances mécaniques supérieures à celles de l’acier. Ce procédé à froid en impression 3D réduit considérablement la durée du cycle de fabrication et avec une consommation d’énergie quasi nulle, contrairement aux process actuellement en vigueur.

Il aura fallu plusieurs percées technologiques, au terme d’années de recherches, a expliqué à l’AFP (25/6/14) Antonio Molina, président de Mäder (850 salariés, 17 usines, 200 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013). L’innovation de rupture majeure a été la découverte – brevetée – d’une molécule qui, intégrée à la résine, permet désormais la photopolymérisation des fibres en profondeur et non plus sur quelques microns d’épaisseur. L’étape ultérieure sera d’essayer de fabriquer des pièces en polymère ou époxy non plus à base de pétrole mais de végétaux.

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