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Japon

Mitsubishi Motors avoue des « manipulations » de tests d’émissions

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Mitsubishi Motors a avoué, mercredi 20 avril, avoir « manipulé des tests pour présenter de meilleurs rendements énergétiques », une fraude qui concerne au moins 625 000 véhicules vendus au Japon mais l’enquête va s’étendre à l’étranger. Quatre modèles de mini-véhicules (cylindrées de moins de 660 cm3) sont concernés, dont 468 000 fabriqués pour son compatriote Nissan (Dayz et Dayz Roox).

Les services chargés du secteur automobile au ministère des Transports « sont entrés ce matin peu après 9H20 (00H20 GMT) dans un Centre technique du groupe Mitsubishi Motors dans la préfecture d’Aichi », a déclaré un fonctionnaire. « C’est une affaire extrêmement sérieuse », a déclaré le porte parole du gouvernement, Yoshihide Suga, qui, lors de son point de presse matinal, a exigé du constructeur « des explications ».

L’écart entre la consommation réelle et celle déclarée serait de l’ordre de 5 à 10 % du fait d’une fraude sur les chiffres relatifs aux pneus.

« Il semble que les comportements douteux ne soient pas limités à Volkswagen », a commenté Joe Rundle, analyste chez ETX Capital. « Les révélations explosives de Mitsubishi posent la question d’un scandale bien plus large ».

« Nous exprimons nos excuses les plus profondes à tous nos clients et autres parties affectées », a déclaré le patron du groupe japonais, Tetsuro Aikawa, lors d’une conférence de presse au ministère des Transports. Le constructeur a joué sur les chiffres relatifs aux pneus, affichant ainsi des performances de consommation de carburant supérieures de 5 à 10 % à la réalité, ont précisé des médias. « Notre client Nissan a découvert des écarts entre les chiffres fournis et ceux constatés et nous a demandé de revoir nos valeurs », a expliqué Mitsubishi dans un communiqué. « Nous avons décidé d’arrêter la production et les ventes des modèles en cause », a-t-il ajouté, précisant que Nissan avait fait de même.

Nissan a confirmé cette version dans une déclaration distincte. « Nous avons aussitôt porté ces divergences à l’attention de Mitsubishi, qui est responsable du développement et de l’homologation des véhicules. En réponse à notre requête, il a admis avoir manipulé intentionnellement les données ». « Aujourd’hui, nous ne prévoyons pas de revoir notre collaboration » avec Mitsubishi Motors, a toutefois assuré Nissan.

Si Mitsubishi affiche désormais une santé plutôt bonne, il a frôlé la faillite il y a une douzaine d’années, à la suite d’un scandale de dissimulation de défauts techniques sur ses véhicules et de non rappel desdits véhicules.

Connu pour ses 4×4 Outlander et Pajero, Mitsubishi écoule environ un million de véhicules par an. Pour l’ensemble de l’année close fin mars 2016, l’entreprise s’attend à un chiffre d’affaires de 2 260 milliards de yens (18 milliards d’euros). Tetsuro Aikawa a d’ores et déjà prévenu : « Ce n’est pas un problème simple. Nous avons besoin de temps pour évaluer l’impact sur les résultats, mais une chose est sûre, les dommages seront importants », a-t-il indiqué.

L’enquête interne a révélé que « la méthode de tests utilisée, non conforme aux exigences de la loi japonaise, a été appliquée à d’autres modèles produits par Mitsubishi pour le marché japonais ». « Eu égard à la gravité de ces questions, nous allons aussi mener des investigations relatives aux produits fabriqués pour les marchés étrangers, avec l’aide d’un comité composé uniquement d’experts externes », a indiqué le groupe. (AFP 20 et 21/4/16)

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