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France

M. Mortureux s’alarme du « mirage de la solution unique » en matière de motorisations

Analyse de presse de 14H00 - Le #Electrique - #Hybride - #Marc Mortureux - #motorisations - #PFA
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Dans un entretien accordé à AEF info le 6 décembre, le directeur général de la Plateforme automobile et ancien DGPR (directeur général de la prévention des risques), Marc Mortureux, évoque les premières conclusions du groupe de travail sur la fin de la vente des véhicules à moteur thermique d’ici à 2040. L’enjeu n’est pas tant, selon lui, de « discuter l’objectif » mais plutôt de « tracer le chemin », en tenant compte des nombreuses incertitudes. « Autant nous n’avons aucun état d’âme à nous investir à fond sur le véhicule électrique pour changer d’échelle, autant je dis attention au mirage de la solution unique qui va résoudre tous nos problèmes », prévient-t-il.

« Nous avons […] décidé de structurer la démarche autour de trois périodes et de documenter chacune des étapes. […] La première étape correspond au contrat stratégique de filière à l’horizon 2022. Pour réussir à court terme à réduire nos émissions de CO2, le moyen d’y arriver est de réussir le développement du véhicule électrique. […] Nous avons pris un engagement très fort : la multiplication par cinq de la vente de véhicules électriques à cet horizon. C’est un objectif réaliste mais qui n’est pas gagné d’avance. Il nous faut donc créer les conditions et l’écosystème pour convaincre de ce basculement nécessaire et pour cela, nous ne fermons pas le jeu aux véhicules hybrides rechargeables, qui s’avèrent plus pertinents pour certains usages, par exemple pour de longs trajets en famille. Sur le court terme, l’électromobilité est de toute évidence le vecteur numéro un du progrès que nous avons à faire pour respecter les objectifs de baisse des émissions d’ici à 2022 », explique M. Mortureux.

« Nous voyons se profiler une trajectoire très rude et exigeante de réduction des émissions de CO2 entre 2021 et 2030, qui devrait être entre – 35 % et – 40 %, en partant de l’objectif de 2021 déjà très difficile à atteindre (95 g de CO2/km). Les véhicules que nous vendrons en 2030 ne sont pas encore conçus, donc il est très important pour nous de porter le message de la neutralité technologique. Nous demandons que le gouvernement ne nous impose pas une technologie pour atteindre cet objectif. De toute évidence, le véhicule électrique sera une part importante de cet objectif, mais il nous faut poursuivre toutes les pistes : optimiser les moteurs thermiques, développer des infrastructures pour les véhicules à hydrogène qui pourront être une piste après 2030, étudier le déploiement du gaz renouvelable pour certaines flottes de véhicules, poursuivre la recherche sur les biocarburants. Nous souhaitons étudier cette palette de technologies. Au-delà de 2030, nous voyons que, malgré tous nos progrès, nous serons encore loin de l’objectif zéro émission de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, il est difficile de savoir quelle sera la trajectoire pour l’atteindre. Nous comptons sur des innovations dans les prochaines années, que nous ne sommes pas encore capables de caractériser. Cela dépendra du déploiement des infrastructures électriques et hydrogène, ainsi que de l’acceptabilité sociale », poursuit le dirigeant.

« Le mot même de ‘carburant’ n’est pas quelque chose qu’il faut totalement exclure au-delà de 2030. Et s’il s’agissait de biocarburants avancés par exemple ? Il est beaucoup trop tôt pour conclure sur les technologies disponibles demain. Pour être au rendez-vous de l’accord de Paris, notre devoir est de toujours faire le pari de l’innovation », explique par ailleurs le directeur général de la PFA, soulignant que « la capacité de l’Europe à maîtriser la filière batterie et à développer une industrie européenne est un enjeu considérable ».

« Nous attendons [du projet de loi mobilités et de la PPE présentés récemment par le gouvernement] plusieurs dispositions de la loi d’orientation des mobilités, comme la simplification de l’installation de bornes de recharge dans les copropriétés et l’augmentation des niveaux de soutien financier à l’installation de bornes. La PPE doit aussi définir comment la trajectoire sur l’électromobilité s’accompagne en termes d’infrastructures. La transition va être douloureuse pour l’industrie automobile. Raison de plus pour éviter à tout prix de tomber dans ce piège qui consisterait à s’apercevoir dans 20 ans que, du puits à la roue, le bilan de l’électromobilité à l’échelle européenne est un échec du seul fait de l’électricité carbonée. Je n’ai pas d’inquiétude en France. Mais au niveau de l’Union européenne, nous souhaitons des politiques cohérentes qui garantissent une électricité décarbonée et des infrastructures au-delà des quelques pays que sont la France, l’Allemagne et l’Europe du nord », conclut M. Mortureux.

Source : AEF INFO (13/12/18)

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