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Italie

Le départ précipité de Sergio Marchionne fait planer le doute sur les ambitions de Ferrari

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Symbole de luxe, Ferrari est confronté à des interrogations sur ses ambitions après le départ inattendu de son président, Sergio Marchionne, qui a réussi l’ouverture aux marchés financiers tout en préservant l’exclusivité de cet emblème du savoir-faire italien. Signe de la période d’incertitudes qui s’ouvre, le titre de la marque au cheval cabré a perdu 2,51 % à Wall Street lundi et a enregistré la plus forte baisse à Milan. « Ferrari perd un gagnant, sous la houlette duquel l’action a bondi de plus de 155 % depuis son entrée en Bourse en 2015 », estime la banque Credit Suisse.

M. Marchionne sera remplacé par Louis Camilleri, tandis que John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli, prend la présidence. La famille Agnelli détient 23,5 % de Ferrari via sa holding Exor et Piero Ferrari, fils du fondateur, 10 %.

S’il était prévu que M. Marchionne quitte Fiat Chrysler en 2019, il devait rester aux commandes de Ferrari au moins jusqu’en 2021 et avait d’ailleurs promis de dévoiler en septembre un plan stratégique sur cinq ans. Cette feuille de route, dont de premiers éléments sont déjà connus, prévoit une forte rentabilité, le lancement de nouveaux produits, dont un SUV (4X4 de ville) dès 2019 et des technologies hybrides.

M. Camilleri « hérite d’un groupe avec une valorisation boursière incroyable, des projets de produits qui ne sont pas complètement arrêtés en interne et des objectifs financiers pour 2021 que Sergio Marchionne a gribouillé sur une serviette de table et qui seront difficiles à atteindre », avance Max Warburton chez Bernstein Research.

Certes, M. Camilleri, qui était membre du conseil d’administration de Ferrari depuis octobre 2015, est, selon Credit Suisse, un dirigeant expérimenté qui « a déjà fait ses preuves et connait bien le groupe, ce qui devrait limiter tout risque de perturbation ». Mais « on aurait préféré voir quelqu’un avec une expérience dans le luxe et la Formule 1 prendre la succession », avance Richard Hilgert, expert chez MorningStar. En 2015, un an après avoir succédé au légendaire Luca Cordero di Montezemolo, Sergio Marchionne était parvenu à introduire Ferrari en Bourse, scellant l’indépendance vis-à-vis de Fiat. Pour ce faire, il avait réussi à apaiser les craintes de l’Italie qui redoutait que l’aventure boursière de Ferrari soit le premier signe de l’exil de ce trésor national.

M. Marchionne a transformé Ferrari en success-story boursière. Le titre a plus que doublé sa valeur, pour une capitalisation boursière de plus de 25 milliards de dollars à Wall Street alors qu’il n’a produit que 8 398 voitures l’an dernier. Ferrari limite volontairement sa production et l’augmente d’environ 4 % en moyenne depuis 2016 pour atteindre l’objectif de 9 000 unités par an en 2019. Sergio Marchionne a augmenté les prix, proposé des éditions spéciales valant plus d’un million de dollars comme LaFerrari et démarré la diversification de la marque en vendant davantage de produits dérivés tels que des montres ou des appareils électroniques. Ferrari investit également beaucoup dans la recherche et développement et n’écarte pas l’idée d’un modèle tout-électrique un jour. Ces efforts se sont matérialisés en 2017 par un bénéfice net de 537 millions de dollars, en hausse de 34,2 %, pour un chiffre d’affaires de 3,4 milliards (+ 10 %).

A terme, Ferrari compte accroître sa rentabilité, et son résultat brut d’exploitation (Ebitda) devrait atteindre les 2 milliards de dollars d’ici à 2022, contre un peu plus d’un milliard l’an dernier. « Ferrari sera toujours une belle voiture de course. Marchionne l’a réglée à la perfection. Il reste à voir maintenant si elle peut le rester sans lui », conclut George Galliers, expert chez Evercore.

Source : AFP (23/7/18)

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