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France

L’Assemblée nationale vote l’objectif de la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles d’ici à 2040

Analyse de presse de 14H00 - Le #Borne de recharge - #Carburant - #Electrique - #LOM - #Luc Chatel - #PFA
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L’Assemblée nationale a voté le 11 juin l’objectif de la fin de la vente des véhicules à carburants fossiles (à essence, diesel et au gaz naturel) d’ici à 2040, délai que des députés d’opposition ont tenté en vain de raccourcir. L’article du projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), qui inscrit aussi l’objectif d’atteindre la neutralité carbone des transports terrestres d’ici à 2050, a été adopté par 62 voix contre 6 et 17 abstentions.

Dans la foulée, des amendements portés notamment par les députés Delphine Batho et Matthieu Orphelin, visant à interdire progressivement la publicité pour les véhicules polluants, ont été rejetés.

De Montréal, où il assistait  au sommet Movin’On organisé par Michelin, le président de la PFA Luc Chatel a annoncé à Autoactu.com qu’il convoquait un comité stratégique de filière le 12 juillet, à Bercy, avec le Ministre de l’Economie, pour le maintien des investissements dans l’électrique et la clarification des  priorités, alors qu’une cinquantaine d’équipementiers sont directement impactés par la chute du diesel et que 15 000 emplois sont menacés dans les cinq ans.

« Nous demandons de la visibilité dans les règles du jeu parce que la transition industrielle est la condition du succès de la bataille du climat. […] Il y a un an dans le contrat de filière, nous prenions un engagement très fort de multiplier par cinq le nombre de véhicules électriques à 5 ans. Il y a 6 mois, la règlementation européenne a imposé une réduction des émissions de CO2 de – 37,5 % en 2030 par rapport à 2021, c’est-à-dire – 50 % par rapport à aujourd’hui. C’est 59 g de CO2/km parcouru à atteindre en 2030 en moyenne pour les véhicules neufs. Pour y arriver, il faudrait le mix énergétique suivant : un tiers 100 % batterie, un tiers d’hybrides rechargeables et un tiers de petites hybridations. Cela représente quasiment 100 % de changement par rapport au parc existant. Quelle est l’industrie qui connait la même transformation en moins de 10 ans ? On l’assume mais on ne veut pas un nouveau changement de règles et d’objectifs. Non au suicide collectif de l’industrie automobile », a-t-il martelé.

« La fin des moteurs thermiques, c’est une conséquence [de ce que l’on est en train d’initier]. Si on en fait un préalable, le risque c’est le désinvestissement de toute une filière et une perte de compétitivité notamment vis-à-vis des Chinois. Nous voulons réussir à court terme et c’est pourquoi nous interpellons sur la montée en puissance des bornes de recharge et le droit à la prise », a par ailleurs expliqué M. Chatel.

« Le sujet, c’est l’acceptation par les consommateurs. Il faut que les consommateurs achètent. Si les changements sont trop brutaux, les entreprises et les consommateurs ne suivront pas et il y aura des morts. On n’est pas du tout entendu sur la visibilité de long terme sur les bonus-malus. C’est sûr c’est que, si au 1er janvier 2020, alors que c’est l’année où il faut convaincre les gens d’acheter des véhicules électriques, on a une baisse du bonus, ce qui à ce stade n’est pas improbable, vu les difficultés de financement de la prime à la conversion, on va dans une approche totalement incompréhensible. On demande de la cohérence », a enfin souligné le dirigeant.

Source : AFP (11/6/19), AUTOACTU.COM (12/6/19)