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Russie

La crise ukrainienne ne décourage pas les constructeurs étrangers

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Malgré la crise ukrainienne, les constructeurs automobiles continuent de miser sur la Russie. « La Russie est un marché trop important pour être tout simplement ignoré », observent les analystes. Américains, Japonais et Européens sont présents en Russie, commercialement ou industriellement, et comptent renforcer leurs activités au cours des prochaines années. « C’est un marché incontournable. Et la Russie s’est très bien remise des menaces de représailles économiques en 2008 lors de la guerre de Géorgie », rappellent les analystes.

General Motors y a déjà placé des pions en s’associant à AvtoVAZ afin de fabriquer ensemble le petit 4×4 Chevrolet Niva. « Plus de 500 000 exemplaires circulent actuellement sur les routes de Russie et de la CEI », indique la coentreprise dans un communiqué. « Même avec la crise ukrainienne en cours, les entreprises américaines doivent intégrer le marché russe dans leur stratégie. L’économie russe a connu une expansion incroyable au cours des dix dernières années », souligne Daniel Russell, ancien diplomate américain devenu président du Conseil du commerce Etats-Unis/Russie. Et il est peu probable, selon lui, que les autres pays soient prêts à renoncer à cette opportunité.

Les pressions américaines pour imposer des sanctions à l’encontre de Moscou après le rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars se sont d’ailleurs heurtées à la réticence des pays européens, moins prompts à brandir l’arme de menaces économiques susceptibles d’affecter durablement leurs liens financiers et économiques avec la Russie.

Le Japon, lui, a condamné ouvertement dans un communiqué le rôle joué par le Kremlin en Crimée. Mais le même jour, quelque 200 responsables d’entreprises russes étaient reçus très officiellement par Tokyo, souligne Daniel Russel. « Les sanctions ne marchent pas », affirme-t-il.

De son côté, Carlos Ghosn, président de Renault et de Nissan, a récemment réaffirmé l’engagement russe de l’Alliance et sa foi dans le potentiel d’un marché destiné à être à l’avenir plus grand que le marché allemand et infiniment plus porteur pour l’Alliance.

Dans une période où les ratés que le marché russe enregistre régulièrement joints à l’affaire ukrainienne pourraient susciter des hésitations, les constructeurs se font concurrence pour apparaître aux yeux du Kremlin comme les meilleurs partenaires de la Russie pour développer son industrie automobile.

Les représentants de VW ont ainsi annoncé en pleine crise ukrainienne qu’ils poursuivraient leur programme d’investissements en Russie et assembleront sur place la Skoda Rapid pour laquelle la Russie est d’ores et déjà le troisième marché en termes de volumes. Fiat lui aussi s’est mis sur les rangs pour assembler à Moscou le Ducato dans l’usine de MosavtoZil. Toutefois, la mise en production, qui devait démarrer au premier trimestre de 2014, a été différée, l’accord final avec ZIL et Sberbank n’ayant pas été signé. (AFP 19/4/14, AUTOACTU.COM 22/4/14)

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