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Union européenne

L’Europe met un bémol à l’essor des biocarburants

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Le Parlement européen a adopté définitivement le projet de directive sur les biocarburants. La directive adoptée prévoit ainsi que les biocarburants (aussi appelés agrocarburants) de première génération ne pourront pas dépasser un taux d’incorporation supérieur à 7 % du total des carburants automobiles à l’horizon 2020. Un plafond contraignant qui freinera l’essor aussi bien de l’éthanol – produit à partir des céréales (blé, maïs) ou des plantes sucrières (betterave, canne) – que du biodiesel issu d’oléagineux (colza, soja).

Ce vote met fin à trois années de bataille législative. Jugés essentiels il y a quelques années pour permettre à l’Europe d’atteindre ses objectifs climatiques, les biocarburants vont donc voir leur développement sévèrement limité. Cette décision marque un changement de cap net. En 2009, quand il avait été fixé au secteur des transports l’objectif de 10 % d’énergies renouvelables, les agrocarburants semblaient être le moteur essentiel pour y parvenir. Mais rapidement, les associations écologiques ont dénoncé les effets pervers des biocarburants, accusés de participer aux pénuries alimentaires. Quand des champs sont cultivés pour ces carburants, ce sont en effet autant de surfaces en moins pour les cultures vivrières. Après avoir longtemps tergiversé, la Commission européenne s’était rangée en 2012 à ces arguments, et avait proposé un plafond de 5 % pour les agrocarburants de première génération.

La directive prévoit également pour la première fois la prise en compte de ce qu’on appelle le changement d’affectation des sols indirect (Casi, facteur Iluc en anglais). Pour compenser le fait que certains champs ne sont plus utilisés pour des cultures vivrières, des terrains doivent être trouvés ailleurs, avec de la déforestation à la clef et de l’émission de CO2. La réforme européenne prévoit désormais que ces facteurs Iluc devront être calculés.

Dernier point, le texte prévoit un objectif non contraignant de 0,5 % pour les biocarburants de seconde génération, à base de déchets végétaux, alors que les eurodéputés auraient voulu initialement pousser ce seuil à 2,5 %. (ECHOS, AUTOACTU.COM 29/4/15)

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