Jean-Dominique Sénard, président de Renault, a déclaré sur RTL que les salariés du groupe ne souffriraient pas de la crise. « Il n’y aura pas de souffrance sociale », a-t-il assuré. Face à la crise sanitaire et économique actuelle, le président de Renault a décidé que les dividendes de 2019 ne seraient pas versés aux actionnaires, et a diminué son salaire de 25 %. Il explique que c’est une « décision de bon sens dans la situation actuelle » et un « symbole de solidarité ».
M. Sénard a en outre expliqué appréhender la crise avec « beaucoup de sérénité, beaucoup de sérieux et beaucoup de force ». S’il n’exclut pas une aide de l’état, notamment au redémarrage, par exemple sous forme de prêts qui « pourraient » s’élever de 4 à 5 milliards d’euros, il affirme ne pas être dans une perspective de nationalisation de Renault, même temporaire.
À la sortie du confinement, Jean-Dominique Senard a garanti à ses équipes un plan sanitaire, et espère que ces dernières pourront reprendre le travail dans les usines en août. Le président a déclaré que ses équipes pourront travailler plus longtemps, 60 heures par semaine, « mais sur une période très limitée ». « Nous avons fait un accord qui est très solidaire, qui protège nos équipes contre une dégradation de leur salaire et permette une forme de flexibilité à venir, chacun a fait un effort et je suis ravi », a-t-il affirmé.
Jean-Dominique Senard a affirmé que des licenciements ou des fermetures d’usine n’étaient pas à l’ordre du jour, même s’il était « clair » qu’il fallait penser à l’avenir qui « serait un avenir très compétitif ». « Si des décisions de cette ordre devaient arriver, il n’y aurait en tout cas aucune souffrance sociale », a-t-il affirmé.
Enfin, le président de Renault a plaidé pour un nouveau capitalisme, « plus responsable et plus humain ». « J’avais déjà écrit un rapport dans lequel je disais que l’entreprise devait faire attention à ses profits mais aussi considérer les impacts environnementaux et sociaux de son activité. Aujourd’hui, tout le monde est dans cette direction et je m’en félicite », a-t-il déclaré, « notre capitalisme va évoluer, il faudra de la bienveillance, rien ne sera plus tout à fait pareil ».
Source : RTL (10/4/20)Par Juliette Rodrigues