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Les dirigeants européens déterminés à gagner la bataille de la voiture électrique

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Les dirigeants européens ont affiché le 12 mars leur détermination à gagner la bataille de la voiture électrique, malgré l’avance considérable de l’Asie dans ce domaine, en engageant un plan de formation à grande échelle pour pourvoir les 800 000 emplois de la filière.

« Quand nous avons lancé cette alliance il y a trois ans avec [le ministre allemand] Peter Altmaier, on nous a dit : ‘Ca ne sert à rien, c’est trop tard, la bataille est déjà perdue’. Mais les seules batailles que l’on perd ce sont les batailles qu’on ne livre pas », a affirmé le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire lors d’une conférence de presse à Bruxelles, à l’issue de la 5ème réunion de l’Alliance européenne des batteries.

Projet industriel phare de l’Union européenne, il réunit 14 Etats membres et 42 entreprises, dont les constructeurs BMW, Fiat et Tesla, le chimiste français Arkema ou encore le spécialiste suédois des piles Northvolt. La Commission va y investir 2,9 milliards d’euros, ce qui devrait permettre de débloquer trois fois plus d’investissements privés.

L’objectif de cette coopération inédite dans le domaine industriel : rattraper le retard par rapport à la Chine, qui domine de manière écrasante le marché de la batterie. L’UE, dont la part ne dépasse pas 3 %, vise 25 % du marché à la fin de la décennie.

A moyen terme, l’objectif est que les usines de Nersac en France ou d’Ellwangen en Allemagne soient en mesure d’alimenter 7 millions de véhicules électriques d’ici à quatre ans.

Si l’Alliance pour les batteries répond à l’objectif de la Commission européenne d’atteindre la neutralité carbone en 2050, elle pourrait aussi permettre de relever le défi de la destruction créatrice impliquée par la transition verte et numérique.

Alors que les plans sociaux qui se succèdent dans l’industrie automobile ont détruit « entre 60 000 et 90 000 emplois » en Europe, la filière de la voiture électrique est une « opportunité fantastique » pour les travailleurs européens, s’est enthousiasmé le commissaire européen Thierry Breton.

Mais, « d’ici la fin de la décennie, entre 180 000 et 200 000 emplois pourraient être créés » dans la fabrication de cellules de batteries. « Pensez à une usine automobile, aux compétences qui étaient requises il y a dix ans, et à celles qui le seront d’ici à dix ans, et vous avez la réponse à ce que nous devons faire », a illustré le commissaire au Marché intérieur.

Bruno Le Maire a cité l’exemple de la fermeture de l’usine Bosch à Rodez (Aveyron), qui produit des injecteurs pour les moteurs diesel : 750 postes voués à disparaître d’ici à 2025, un séisme dans ce bassin d’emploi où l’équipementier allemand est le premier employeur privé. « C’est une des illustrations de la nécessité d’accompagner le mieux possible les salariés dans de nouvelles qualifications », a dit le ministre. « Je propose une formation au niveau européen pour former et convertir 800 000 salariés sur la chaîne de valeur électrique », a-t-il ajouté.

Autre sujet critique, celui de l’approvisionnement dans les matières premières nécessaires à la fabrication des cellules de batterie, comme le lithium-ion, le graphite et le nickel.

L’exemple de la pénurie de semi-conducteurs qui paralyse actuellement l’industrie automobile montre que l’Europe doit maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur, des matières premières au recyclage, et pas seulement la production, a fait valoir Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne.

Les dirigeants ont également insisté sur la nécessité d’étendre le maillage des bornes de recharge, encore trop concentré dans certaines zones. Ils ont appelé la Commission à accélérer sur le front réglementaire, « pour que les efforts que nous faisons en Europe pour avoir des batteries durables ne soient pas ruinés par l’importation de batteries moins durables et moins chères », a prévenu Bruno Le Maire, disant souhaiter que le projet de règlement sur les batteries soit « en place dès 2022 ».

AFP (12/3/21)

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